Le 14 février 2008, Carlos Ghosn, Président de Renault, présente les résultats financiers 2007. © RenaultRenault cherche t-il à se débarrasser de ses salariés handicapés? La CGT du groupe affirme en tout cas avoir relevé de nombreux cas de licenciements, au mépris selon elle des règles du maintien dans l'emploi et de l'adaptation des postes pour ces personnels imposées par le code du travail et des engagement pris par Renault.
Le syndicat présente le cas "emblématique" de Fatima Nieng, une mère de cinq enfants de 39 ans, embauchée à Flins (Yvelines) en février 2004, qui a affirmé que sa direction avait tout fait pour l'éloigner de l'entreprise après une chute, en juin 2004, provoquée par un malaise dans l'usine.
Opérée du genou, Mme Nieng ne peut plus "travailler debout huit heures par jour". Son malaise n'est pas considéré comme un accident du travail. "A chaque rendez-vous, le médecin du travail me disait qu'il était préférable de rester chez moi, à m'occuper de mes enfants. Cela a duré trois ans", a-t-elle témoigné. "Quand je suis revenue à l'usine, on m'a mise en bout de chaîne, assise huit heures par jour. J'avais pour ordre de ne pas bouger", a-t-elle poursuivi.
7,2% de salariés handicapés chez Renault
Selon son récit, le 11 juin 2007, son badge est désactivé et elle ne peut plus accéder à l'entreprise, une information démentie par Renault auprès de LCI.fr. "On m'a expliqué que j'étais dispensée de venir travailler et qu'on me cherchait un poste de reclassement", ajoute l'employée du groupe. Jusqu'au 31 janvier 2008, où elle a reçu un préavis de licenciement de deux mois, pour inaptitude. La salariée a saisi le tribunal des prud'hommes de Versailles pour contester son licenciement.
Selon une porte-parole du groupe contactée par LCI.fr, "Renault a tout mis en oeuvre avant d'arriver au licenciement de cette employée. Nous avons trouvé quarante postes compatibles avec son handicap mais aucun n'était libre. Nous ne l'avons donc licenciée pour inaptitude qu'en dernier recours après avoir cherché une solution sur les sites voisins". L'entreprise qui ne "comprend pas les accusations de la CGT" rappelle que le handicap de son employée "n'est pas lié à ses conditions de travail".
"Renault est un précurseur dans l'accueil des salariés handicapés, un accord a été signé des 1995", ajoute cette porte-parole."Au niveau du groupe, une personne se consacre entièrement à cette tache et sur chaque site, des correspondant veillent à son application". La part des salariés handicapés chez Renault est d'environ 7,2%, un taux supérieur aux 6% imposés par la loi, selon les chiffres du groupe. Sur le site de Flins, il dépasse même les 10%.
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