1er novembre - Retraite, fin d'un tabou : adoption d'un amendement permettant de partir à 70 ans. © TF1/LCIIls étaient plusieurs milliers à manifester dans les rues de Paris et de nombreuses villes de province jeudi matin. Ils ? Les retraités, qui réclament une hausse "immédiate et significative" de leur pension, jugeant totalement insuffisante la hausse de 1,1% intervenue en janvier. Les unions confédérales de retraités CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC et la fédération des retraités de la fonction publique (FGR-FP), rejoints notamment par l'Unsa Retraités et la FSU, avaient appelé à "une journée nationale d'action". A Paris, la manifestation, à laquelle entre 3000 et 10.000 retraités ont pris part, a pris la direction de Matignon, où une délégation a été reçue par un conseiller du Premier ministre. "On nous a dit que le gouvernement ferait bientôt des propositions, mais rien aujourd'hui", a indiqué un membre de la délégation, Michel Devacht, secrétaire général de la CFDT-Retraités.
A Marseille, 600 personnes, selon la police, ont défilé sur le Vieux-port. Dans l'Ouest, toujours selon la police, 750 personnes ont manifesté jeudi matin à Nantes et 300 à Rennes. D'autres rassemblements ont notamment regroupé de 700 à 1000 personnes à Toulouse et de 800 à 1500 à Lyon. Tous jugent insuffisant le relèvement de 1,1% des retraites au 1er janvier, alors que l'inflation a été de 2,6%, d'autant plus que Nicolas Sarkozy avait fait du pouvoir d'achat des retraités un thème de campagne. Le gouvernement a annoncé qu'une nouvelle revalorisation interviendrait en 2008 et que le minimum vieillesse serait relevé de 25% durant le quinquennat. En attendant, 200 euros doivent être versés fin mars à ses bénéficiaires. Mais les syndicats veulent également une hausse du minimum contributif, destiné aux retraites de base à taux plein d'un faible niveau, et soulignent plus généralement une dégradation du pouvoir d'achat des plus de 14 millions de retraités.
Carrières incomplètes, retraites moins favorable
Globalement, en incluant le patrimoine, la situation moyenne des retraités "n'est pas très loin de la parité de niveau de vie" avec les actifs, constatait en novembre le Conseil d'Orientation des Retraites (COR). Selon la direction des études du ministère de la Solidarité (Drees), en 2004, la pension totale d'un retraité de droit direct ayant effectué une carrière complète s'élevait à 1.512 euros par mois en moyenne, la moitié des retraités concernés recevant moins de 1.334 euros.
Mais il y a de grandes disparités dans les montants perçus, particulièrement au détriment des retraités, souvent des femmes, ayant connu des parcours professionnels en dent de scie. 17% des retraités de droit direct perçoivent une retraite totale inférieure à 600 euros par mois et les femmes touchent des pensions sensiblement moins élevées. Et les réformes de 1993 et de 2003 ont globalement rendu le calcul des retraites moins favorable, notamment pour les carrières incomplètes. Parmi les retraités qui ont liquidé leur retraite entre 2001 et 2004, la moitié sont bénéficiaires du minimum contributif. Leur nombre a été multiplié par quinze en 20 ans. Et trois quarts sont des femmes, également majoritaires parmi le million de personnes ne touchant qu'une pension de réversion.
D'après agence
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