ArcelorMittal: des salariés de Gandrange saccagent le bureau du directeur © TF1/LCIMatinée houleuse vendredi à l'usine ArcelorMittal de Gandrange où la direction a confirmé lors d'un comité d'entreprise à Metz, la fermeture partielle du site d'ici 2009 et la suppression de 575 emplois sur 1.100. Après le CE, de brèves échauffourées, qui n'ont pas fait de blessés, ont opposé dans la rue des syndicalistes CGT et CFDT et leurs sympathisants. Puis des salariés de Gandrange ont saccagé le bureau du directeur du site et jeté le mobilier et les archives par la fenêtre.
Ces salariés, qui portaient des drapeaux de la CGT à l'exclusion de toute autre organisation syndicale, ont agi en présence de nombreux journalistes et de policiers qui ne sont pas intervenus. Auparavant, la CGT avait exigé que Bernard Lauprêtre, directeur du site, vienne rencontrer sur place les salariés, ce qu'il avait refusé.
Les promesses de Sarkozy
La réunion s'est tenue en l'absence des délégués CGT qui ont voulu rentrer dans la salle avec la soixantaine de salariés venus manifester devant le groupement des entreprises sidérurgiques et minières où elle avait lieu. "Le CE a été ouvert, il y a une déclaration de la CGT et de la CFE-CGC pour dire que ce n'était pas la peine de nous raconter ce qu'on savait déjà. On a dit qu'on était contre et le président a clôturé le CE", a dit à la sortie Patrice Devoti, délégué de la CFDT. La tension était vive à la sortie de la réunion entre les manifestants de la CGT et les élus de la CFDT, qualifiés de "collabos" et de "vendus" par les premiers.
Lors du CE, la CFDT a dénoncé, dans une déclaration, une consultation qui est "du bidon", selon elle, puisque la "décision de fermeture est ferme et irréversible". "Après les 'patrons voyous', nous découvrons les 'patrons menteurs' !" s'indigne la CFDT dans cette déclaration. "Il ne nous reste maintenant plus que Nicolas Sarkozy", a déclaré Edouard Martin, élu CFDT au comité d'entreprise européen, "on verra bien s'il va tenir les promesses qu'il a faites aux salariés de Gandrange le 4 février".
Reclassement
Dans un communiqué, la direction précise que le processus d'information/consultation sur le projet de réorganisation du site de Gandrange sera poursuivi "suite à l'avis rendu par le comité d'entreprise". "Chaque collaborateur se verrait offrir une solution de reclassement sur un autre site du groupe (notamment à proximité au Luxembourg et à Florange)", indique Daniel Soury-Lavergne, directeur général d'ArcelorMittal France.
A l'usine de Gandrange, la grève de 24 h à laquelle avait appelé la CGT n'était que "faiblement suivie", selon une source proche de la direction. Mercredi à Luxembourg, la direction du numéro un mondial de la sidérurgie avait confirmé la fermeture de l'aciérie électrique et du train à billettes (installation de laminage) de l'usine mosellane et la suppression de 575 emplois
d'ici à 2009.
Nicolas Sarkozy qui s'était engagé lors d'un déplacement à Gandrange, le 4 février dernier, à trouver une "solution" pour pérenniser l'activité industrielle, devrait s'exprimer sur le sujet la semaine prochaine. Les discussions sur le plan social s'ouvriront le 14 avril. Les syndicats seront reçus par Nicolas Sarkozy lundi à 17 heures à l'Elysée, a indiqué la CGT.
(D'après agence)
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