Manifestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite jeudi 18 octobre 2007 © Sophie LUTRANDLes principaux intéressés ont longtemps refusé de confirmer ou d'infirmer l'information. Mais la CFE-CGC, deuxième centrale syndicale chez les cadres du secteur privé, a fini par rompre le silence en reconnaissant ce mardi qu'elle réfléchit à une fusion avec l'Unsa (syndicats autonomes). Nouvelle aussitôt saluée par la "patronne des patrons", Laurence Parisot : "Je prends plutôt ça comme une bonne nouvelle. Il faut bien sûr en savoir plus sur leurs projets, leur approche mais j'ai tellement appelé de mes voeux un renforcement de la légitimité syndicale, des syndicats forts pour pouvoir travailler et contractualiser avec eux, que le renforcement d'un syndicat par fusion avec un autre va dans le bon sens".
Ce projet d'union avait déjà été rendu public par L'Express, qui assurait lundi sur son site internet que les centrales devaient "annoncer leur mariage jeudi prochain". Une telle fusion, si elle se confirmait, serait une première dans l'histoire syndicale depuis 1945. L'Unsa, créée en 1993 après l'explosion de l'ex-Fédération de l'Education nationale, représente 12,5% des voix aux élections professionnelles dans la fonction publique, avec une forte implantation dans l'éducation, où elle est la deuxième fédération, et la police. Dans le secteur privé, elle a obtenu 5% des voix aux élections prud'homales de 2002. La CFE-CGC, fondée en 1944, n'est présente que chez les cadres, les techniciens et les agents de maîtrise, surtout du secteur privé. Aux élections prud'homales, elle a remporté au total 7% des voix, mais 22,8 % dans la section de l'encadrement en deuxième position derrière la CFDT.
Les avantages d'une fusion
L'union en projet pourrait devenir officielle dès cette semaine. "La Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) et l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) réunissent leurs instances dirigeantes, le 17 avril, et pourraient bien annoncer leur mariage", selon L'Express. "La réunion de jeudi a pour but de définir les bases d'un éventuel rapprochement puis d'une fusion", ajoute le magazine. "La fusion permettrait à chacun des deux syndicats d'épouser les avantages de l'autre", explique l'article, qui souligne que "chacune des deux organisations a pris conscience de ses faiblesses" sur fond de négociation sur la représentativité syndicale, qui s'est achevée la semaine dernière.
"La CFE-CGC, syndicat de cadres, compte peu d'adhérents, mais elle bénéficie du statut envié d'organisation représentative" qui lui donne le droit d'être présente dans les entreprises, de négocier et de signer des accords, ajoute l'article. A l'inverse, l'Unsa, "de création plus récente (...) se bat depuis des années pour faire reconnaître sa représentativité", poursuit-il. "Il y a dix ans déjà, ils avaient esquissé un rapprochement", rappelle L'Express.
L'Unsa déclarait 360.000 adhérents fin 2006 et la CFE-CGC 150.000. Selon une étude menée par deux chercheurs, Dominique Andolfatto et Dominique Labbé, elles comptaient respectivement 135.000 et 81.150 adhérents en 2007.
D'après agence
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