Nicolas Sarkozy rendant visite aux ouvriers d'Arcelor-Mittal, à Gandrange (4 février 2008) © TF1/LCILuc Chatel a assuré lundi soir qu'aucun salarié de l'usine ArcelorMittal de Gandrange, dont la direction du groupe a confirmé la fermeture partielle, ne serait "laissé sur le carreau". Selon le secrétaire d'Etat à l'Industrie, "il n'y aura pas de licenciement, c'était évidemment la priorité du gouvernement". Une déclaration faite à la presse à l'issue d'un entretien à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et une délégation de syndicalistes du groupe sidérurgique.
"Conformément aux engagements qu'il avait pris à Gandrange en février dernier, le président de la République a tenu parole", a insisté Luc Chatel. "Il a obtenu de la part de la direction d'ArcelorMittal des investissements importants sur le territoire, à Gandrange, à Florange, en Lorraine, et il a également permis à travers des contacts que nous avons eus avec d'autres investisseurs, le fait que des gens comme Poweo puissent investir en Lorraine".
"Il n'a pas pu obliger M. Mittal à ne pas fermer"
Selon Luc Chatel, le fournisseur privé français d'électricité étudie avec ArcelorMittal un projet de construction de deux centrales électriques au gaz, l'une à Gandrange, l'autre à Florange. "Ce sont des investissements très lourds, de l'ordre de 250 à 370 millions d'euros, qui emploieraient pendant dix-huit mois à deux ans près de 600 personnes et qui, une fois la mise en service réalisée, peuvent permettre la création de 40 emplois par centrale électrique", a-t-il détaillé. Le porte-parole du gouvernement a également indiqué que Nicolas Sarkozy se rendrait à Gandrange avec le PDG du groupe sidérurgique Lakshmi Mittal "dans les prochaines semaines".
De son côté, le groupe ArcelorMittal a annoncé lundi un investissement de 30 millions d'euros et la création de 124 nouveaux emplois sur le site de Gandrange ainsi que "le maintien de l'activité haut fourneau sur son site de Florange au-delà de 2012", tout en le conditionnant à "la conjoncture économique" et à "l'obtention des certificats d'émission". Ces décisions ont été prises après "un très bon dialogue entre Lakshmi Mittal et Nicolas Sarkozy", a précisé une porte-parole du groupe.
Mais les syndicats n'ont pas été enthousiasmés. Nicolas Sarkozy n'a pas respecté "tous ses engagements", a ainsi déploré le délégué CFDT Edouard Martin à l'issue de l'entretien avec le président de la République, en soulignant : "il n'a pas pu obliger M. Mittal à ne pas fermer". Mais par ailleurs "dans ce qu'il nous propose, il y a des choses intéressantes qu'on va vérifier. Mais on les veut actées, gravées dans le marbre, parce que ça suffit les promesses non tenues, on veut un accord avec un engagement de l'Etat". Délégué CGT de Gandrange, Jacky Mascelli a commenté, prudent : "On verra si les engagements seront respectés". "Le président n'a pas les moyens de faire changer Mittal d'avis. Mais on a la confirmation qu'il a pris le dossier à bras le corps", a déclaré pour sa part Olivier Cayla (CFE-CGC).
D'après agence
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