Bernard Thibault, le 28 avril 2008 © TF1/LCIAlors que plusieurs centaines d'agriculteurs ont manifesté à Dijon et à Clermont-Ferrand pour demander la revalorisation de leurs retraites, les syndicats, eux, ont exprimé leurs mécontentement sur la réforme qui leur est présentée ce lundi par Xavier Bertrand. "Je considère que c'est gravissime s'agissant des intentions du gouvernement sur l'avenir des retraites dans notre pays", a déclaré Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT en arrivant au ministère du Travail. "Je ne vois aucun point positif du point de vue des salariés", a-t-il ajouté. "C'est la raison pour laquelle nous allons faire en sorte d'organiser des manifestations d'ampleur, à commencer par le 1er mai".
Interrogé sur la possibilité de se joindre à l'appel lancé par Force Ouvrière pour une mobilisation le 15 mai, Bernard Thibault a répondu : "les organisations de la fonction publique sont déjà mobilisées, mais le premier rendez-vous, c'est le 1er mai". Le président de la CFTC Jacques Voisin s'est déclaré lundi "favorable" à une action unitaire "pour faire bouger les choses", estimant que le gouvernement "n'avait pas fait le tour" des solutions, après son entretien avec le ministre du Travail.
"Pas acceptable"
Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a appelé lundi à faire "converger une réaction de l'ensemble des salariés", notamment sur le thème des retraites, le 15 mai, "date également retenue par les lycéens et enseignants" et la fonction publique. Il a par ailleurs estimé qu'allonger encore la durée de cotisation exigée pour obtenir une pension à taux plein "conduisait à travailler plus pour gagner la même chose". Le président de la CFE-CGC (cadres) Bernard Van Craeynest, sans appeler à la mobilisation, a signifié au ministre "qu'augmenter de manière arbitraire la durée de cotisation à 41 ans ne ciblait les efforts que sur les salariés", sans donner de "garanties" sur les mesures de l'emploi des seniors.
Le Parti socialiste dénonce lundi les "mauvais choix du gouvernement" en matière de retraites, jugeant qu'il n'est "pas acceptable" d'allonger à 41 ans la durée de cotisation. Dans un communiqué, le PS déplore l'absence de nouvelles sources de financement pour sauver le système par répartition, notamment "l'élargissement de l'assiette des cotisations sociales sur les rémunérations exceptionnelles" que sont l'intéressement, la participation ou les stock-options. François Hollande a pour sa part estimé qu'allonger la durée de cotisation en vue de la retraite sans améliorer au préalable le taux d'emploi des seniors est un "marché de dupes".
"Une machine infernale"
"La réforme des retraites proposée par le gouvernement est dans la droite ligne des précédentes, c'est une machine infernale qui n'a qu'un objectif : abolir le droit à la retraite", affirme le Parti communiste français. "Nicolas Sarkozy prétend que l'allongement de l'espérance de vie impose pour seule et unique solution d'allonger la durée de cotisation", mais "derrière une apparence bêtement logique se cache une dramatique impasse".
Xavier Bertrand, accompagné du secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini, et du secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, rencontre lundi à tour de rôle l'ensemble des organisations syndicales et patronales (lire notre article). Le Medef estime de son côté que le passage prévu de 40 à 41 ans de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein constituait "un minimum", affirmant qu'il ferait "ce qu'il faut pour inciter les entreprises à ne pas faire partir trop tôt les gens à la retraite". La CGPME a, elle, jugé le texte "globalement bien équilibré".
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