Renault condamné en appel

le 02 avril 2008 à 15h46 , mis à jour le 02 avril 2008 à 16h45

Deux anciens salariés de Renault dont la carrière avait moins bien évolué que celles de leurs collègues blancs ont fait condamner l'entreprise. Elle devra verser plus de 150 000 euros aux plaignants.

Dacia Renault usine Roumanie automobileImage d'archives © DR

Deux ex-salariés de Renault ont obtenu gain de cause. La cour d'appel de Versailles a reconnu, mercredi, l'entreprise coupable de discrimination raciale à l'encontre de deux ex-salariés qui estimaient avoir eu des carrières moins intéressantes que leurs collègues blancs à cause de leur origine.
 
Renault a été condamné à verser à Lucien Breleur, employé comme électricien automobile de 1971 à 2003, 80 000 euros de dommages et intérêts et 8 000 euros au titre du préjudice moral, en réparation du blocage de carrière et du maintien de sa rémunération à un niveau inférieur à ce qu'il aurait dû être.
 
Trois salariés déboutés
 
Le constructeur a également été condamné à verser à Daniel Kotor, ouvrier  spécialisé puis agent administratif de 1983 à 2004, 60 000 euros de dommages et  intérêts et 8 000 euros au titre du préjudice moral.
 
La Cour a en revanche débouté trois autres salariés de leurs demandes de réparation au titre de la discrimination raciale.
 
Les cinq salariés avaient été déboutés de leur demande par le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt qui, en décembre 2005, avait estimé ne pas  avoir constaté de fait relatif à une discrimination raciale dans la gestion du  personnel chez Renault.

Discrimination: un outil pour mesurer l'origine des salariés ?

L'association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), qui travaille à un "label diversité" censé favoriser l'égalité entre salariés, souhaite "la mise en place progressive d'un outil de mesure" de l'origine des salariés, dans ses propositions pour 2008. Alors que ce type de recensement des origines est controversé, l'ANDRH précise que la mise en place d'un tel outil "doit évidemment se faire en pleine concertation avec les partenaires sociaux". Il serait également "placée sous l'égide de l'Etat, et/ou de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et/ou de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil)", a précisé l'ANDRH, confirmant une information des Echos. L'ANDRH revendique 5.000 adhérents.

(D'après agences)

 
 
 

le 02 avril 2008 à 15:46
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