L'ancien patron de l'UIMM Denis Gautier-Sauvagnac a toujours refusé de révéler les bénéficiaires de la "caisse noire" de l'organisation © LCIDenis Gautier-Sauvagnac ne veut pas porter seul le chapeau. C'est ce que laissent penser des extraits publiés par Les Echos de l'audition par un juge le 16 avril de l'ancien président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Il y déclare notamment que beaucoup de gens étaient au courant des retraits en espèces de l'organisation qui intéressent la justice. Tout juste précise-t-il que ces personnes n'étaient pas informées "dans le détail" de ce "secret de polichinelle" : "Ce qui se pratique depuis si longtemps n'a pas pu être méconnu d'un grand nombre de personnes, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'UIMM."
Devant le juge Roger Le Loire qui l'a mis en examen le 15 janvier pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance" et "travail dissimulé", Denis Gauthier-Sauvagnac conteste le terme de "caisse noire", et affirme n'avoir "jamais mentionné une organisation syndicale" comme bénéficiaire de ces enveloppes. "J'en ai assez que l'on parle de la caisse noire de l'UIMM alors que l'origine des fonds est parfaitement claire : ce sont des cotisations à l'UIMM d'entreprises de la métallurgie", explique encore "DGS" au juge.
"Ces fonds, alimentés à l'origine par ces cotisations, ont été fort bien gérés par l'UIMM et ont donc atteint un montant aujourd'hui un peu supérieur à 600 millions d'euros pour des cotisations initiales bien inférieures", ajoute Denis Gauthier-Sauvagnac qui refuse toujours de désigner les destinataires des près de 17 millions d'euros distribués en espèces depuis 2000.
"Préparer la sortie du système"
Son interrogatoire permet d'éclaircir le fonctionnement du fonds d'Entraide pour les industries métallurgiques (Epim) de l'organisation, souligne le quotidien. "La comptabilité de l'Epim était tenue par le service comptable. Les fonds faisaient l'objet d'un examen mensuel par un comité financier composé du président, de son ou ses prédécesseurs(s) et du délégué général ou du vice-président délégué général", explique-t-il. "Ce comité financier avait essentiellement pour rôle de se préoccuper de l'évolution des fonds et de leur placement."
Parallèlement, d'autres fonds servaient à payer des retraites complémentaires, souligne l'ex-patron de l'UIMM. Selon lui, les sommes saisies dans les coffres de l'organisation avaient un seul objectif : "préparer la sortie du système d'ici à fin mars 2009 (...), à la fin de mon premier mandat de président de l'UIMM". Parviendra-t-il à convaincre la justice de sa sincérité? Ces dernières déclarations ne faciliteront pas en tout cas l'installation des nouvelles instances patronales de l'UIMM, à commencer par celle du nouveau président de l'organisation, Frédéric Saint-Geours.
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