© Médiathèque de la Commission européenne 
"Le conflit n'est pas à terme''
Les pêcheurs ne relâchent pas la pression. Et le gazole à 40 centimes (au lieu de 75 actuellement) n'est plus leur unique revendication. Ils dénoncent les quotas de cabillauds. Du blocage du port ferry de Dunkerque dans le Nord au barrage du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, près de Marseille, des opérations escargot dans la zone de l'étang de Berre au blocage des accès à la raffinerie Total du Havre, ils ont multiplié mardi les actions.
Les pêcheurs du Guilvinec, premier port de pêche artisanale français, poursuivent leur mouvement tout comme plusieurs autres ports bretons ou normands. Un appel au blocus a été voté pour 48 heures dans une dizaine de ports de la Manche et de la Méditerranée au total. A l'inverse, les pêcheurs de l'ensemble des Pays-de-la-Loire ont repris le travail depuis lundi. Ceux des Sables d'Olonne, à l'origine du mouvement national, avaient voté samedi la "suspension pour un mois", le temps pour le ministre de la Pêche Michel Barnier de mettre en oeuvre sa promesse de garantir un gazole à 40 centimes.
C'est dans ce contexte houleux que Nicolas Sarkozy a évoqué le cas des pêcheurs mardi matin. "Si on peut mettre dans les prix du poisson l'augmentation du fioul, on sauve les pêcheurs", a-t-il fait valoir lors d'une discussion avec un professionnel de la mer dans un café. "Le poisson, on va vraiment s'en occuper". La France et l'Espagne ont demandé mardi que l'Union européenne verse des aides directes aux pêcheurs européens. Une position soutenue par le ministre français de la Pêche, Michel Barnier, dont le pays présidera l'Union européenne pendant six mois à partir de juillet.
Le mouvement fait tâche d'huile en Europe
Le mouvement de protestation fait désormais tâche d'huile. Des pêcheurs de quatre pays -Italie, Portugal, France et Espagne- réunis pour la Foire Internationale de la Pêche à Ancône (côte adriatique) ont appelé à une grève illimitée pour protester contre la hausse du gazole à partir de vendredi. Le Portugal demande à l'Union Européenne un débat d'urgence. Et le responsable des pêcheurs du Sud-Est de la France, Mourad Kahoul, a annoncé une action des pêcheurs européens à Bruxelles. Elle a toutefois été reportée de mercredi à la semaine prochaine, sans date précise pour le moment.
Et au Royaume-Uni, le mouvement touche les routiers. Plusieurs centaines de routiers ont convergé vers le centre de Londres ce mardi et une délégation a pu remettre une lettre au Premier ministre Gordon Brown, dénonçant la flambée du gazole. Ils réclament un dégrèvement de TVA de 20 à 25 pences par litre.
Et bientôt les routiers ?
A l'image de leurs collègues britanniques qui ont manifesté à Londres ce mardi, une organisation de routiers, représentant des PME françaises du secteur, menace à son tour d'engager des actions sur tout le territoire si le gouvernement ne répond pas "d'ici jeudi soir" à ses revendications. La colère monte particulièrement chez les transporteurs routiers, notamment de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).
"Ces actions, qui seront d'abord locales et de sensibilisation, s'intensifieront jusqu'à un conflit dur si le gouvernement perdurait à faire la sourde oreille aux revendications des transporteurs", déclare-t-elle. L'OTRE précise avoir présenté lundi au secrétariat d'Etat aux Transports plusieurs demandes, dont la baisse du prix du gazole professionnel "à son niveau moyen du mois de janvier 2008" (0,98 euro HT le litre) "afin de stabiliser l'activité des PME-TPE pour 2008".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




