Bateaux dans un port. Image prétexte. © TF1/LCI |
| La position de Michel Barnier sur le plan d'aide proposé |
Le ministre de la Pêche Michel Barnier a tenté vendredi de "rassurer" les pêcheurs en colère, qui continuent de bloquer de nombreux ports pour obtenir des garanties sur le plan d'aide lié à l'envolée des prix du gazole. "J'ai confiance dans l'esprit de responsabilité des marins-pêcheurs. Nous avons besoin de rassurer", a déclaré Michel Barnier en marge d'une rencontre à Rennes avec une dizaine de présidents de comités de pêche bretons. Ces derniers ont quitté la réunion en saluant des "avancées" vers l'objectif déclaré des pêcheurs, à savoir payer le litre de gazole 0,40 euro au lieu de 0,75 actuellement. Les pêcheurs auront "le gazole à 40 centimes", pas "à la pompe" car "c'est formellement interdit par Bruxelles", mais par un système d'aide aux équipages, a précisé André Le Berre, président du comité des pêches de Bretagne.
Chaque marin pourra "amener sa fiche de paie avec les carburants consommés par son navire et il sera remboursé de la différence", a-t-il expliqué, soulignant que les aides seront "durables, quel que soit le prix du gazole". Les responsables doivent désormais convaincre les pêcheurs en assemblées générales, ce qui s'annonce délicat. "Il y a une crise de confiance de la base" vis-à-vis de leurs représentants comme du gouvernement, avertit Yannick Hemeury, président du comité de pêche de Paimpol. Le plan "a besoin d'être expliqué", a insisté Michel Barnier, assurant que l'"aide sociale" serait maintenue "au-delà de 6 mois" car "le problème est durable". A La Rochelle, les marins ont décidé vendredi de poursuivre la grève au moins jusqu'à lundi, date de leur prochaine réunion.
110 millions d'euros d'aide d'urgence
De son côté, le Premier ministre François Fillon a affirmé que Paris avait obtenu "l'accord des autorités européennes sur les dispositions" annoncées mercredi, qui prévoient le versement de 110 millions d'euros avant la fin de l'année, dont 40 millions d'aides directes compensant le prix du carburant. Un accord "de principe", précise la Commission européenne. "Aucune mesure n'a été acceptée en soi. On a simplement approuvé le fait que les 15 mesures figurent dans le plan", a affirmé la porte-parole du commissaire européen à la Pêche, Joe Borg. Les représentants des pêcheurs disent de toutes manières ne pas s'en satisfaire. Michel Barnier a par ailleurs annoncé la tenue le 29 mai d'une réunion sur "la formation et la transparence des prix dans la filière de la pêche" avec "les pêcheurs, les mareyeurs et la grande distribution".
Outre le prix du gazole, les pêcheurs se plaignent de la difficulté à vendre plus cher leur poisson et de la réduction des quotas de pêche au cabillaud. Sur le terrain, des pêcheurs du Pas-de-Calais ont innové en menant pendant plusieurs heures une "opération escargot" dans le détroit du Pas-de-Calais, perturbant "fortement" la circulation des navires marchands, selon la préfecture maritime. En Normandie, une centaine de marins-pêcheurs ont vidé les étals de deux grossistes en poissons, tandis qu'à Arcachon des incidents ont opposé des mareyeurs aux pêcheurs.
Les accès de plusieurs dépôts pétroliers ont également continué à être partiellement ou totalement bloqués, comme celui de Total à Dunkerque, où les barrages ont toutefois été levés en milieu d'après-midi. Vendredi, les marins pêcheurs ont également commencé à bloquer les quatre accès du dépôt lié à la raffinerie Total de Gonfreville-l'Orcher, la plus grande de France. Les navires sont par ailleurs restés à quai dans de nombreux ports, notamment aux Sables d'Olonne et au Guilvinec, où un vote à bulletins secrets sera organisé lundi après-midi. La reprise du travail s'est en revanche amorcée dans d'autres ports, comme au Croisic ou à l'Ile d'Yeu.
Les pêcheurs européens en colère |
A l'étranger, l'envolée des prix du gazole a provoqué une manifestation de pêcheurs belges à Zeebruge tandis que leurs homologues portugais ont annoncé une grève vendredi prochain, se plaignant notamment de la "concurrence déloyale" des pêcheurs français et espagnols soutenus par leurs gouvernements. Les pêcheurs espagnols manifesteront d'ailleurs à Madrid fin mai et menacent d'arrêter la pêche en juin pour obtenir une aide de leur gouvernement visant à compenser le gazole cher, selon un responsable des armateurs de Vigo. |
(D'après agence)
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