Une fronde massive à l'horizon du 22 mai

le 15 mai 2008 à 07h07 , mis à jour le 15 mai 2008 à 14h30

Les syndicats d'Air France et de la SNCF ont décidé de se joindre à l'appel à la grève, de même que trois syndicats de la RATP.

retraite manifestationDes milliers de manifestants ont défilé le 29 mars pour l'avenir des retraites © TF1/LCI

Le gouvernement reste inflexible sur l'augmentation progressive d'ici 2012 de la durée de cotisation à 41 ans pour une retraite à taux plein. Le bras de fer dans la rue semble inévitable : le 29 avril, cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) avaient déjà décidé de faire du 22 mai prochain une "journée nationale interprofessionnelle d'action et de manifestations pour la défense de la retraite solidaire". Le lendemain, l'union syndicale Solidaires (Sud), l'Unsa (autonomes) et la FSU, premier syndicat de la Fonction publique d'Etat, avaient rejoint cet appel à la mobilisation unitaire.

Le mouvement à venir s'élargit désormais un peu plus puisque trois syndicats de la RATP sur huit dont le premier, la CGT, ainsi que FO et la CFDT, s'y sont joints ce jeudi. La veille, la même annonce avait été faite par les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC d'Air France. "A Air France, comme dans toutes les entreprises françaises, on constate une augmentation importante de la pénibilité. (...) La date de départ à la retraite doit prendre en compte cette usure pour la corriger à travers des dispositifs de départs anticipés et permettre ainsi un temps de retraite égal pour tous", affirment les syndicats.

Le printemps sera-t-il chaud ?

Appel similaire dès mercredi à la Fgaac (autonomes), deuxième syndicat chez les conducteurs de la SNCF, qui "rejette en bloc les mesures annoncées" concernant "l'allongement confirmé par le gouvernement de la durée de cotisation portée à terme à 41 ans". Son exemple a été suivi jeudi par les sept autres syndicats de cheminots : le préavis commun CGT-CFDT-FO-CFTC-Sud-Rail-Unsa-CFE-CGC court du mercredi 21 mai à 20 heures jusqu'au vendredi 23 mai à 8 heures et "permettra aux cheminots de participer aux initiatives interprofessionnelles décidées pour le jeudi 22 mai", ont précisé les syndicats, qui "exigent" non seulement "l'arrêt de l'allongement de la durée de cotisation pour percevoir une retraite pleine et entière", mais aussi "la réouverture des négociations salariales".

Alors que l'appel à la grève s'étend, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, assure dans La Croix qu'il  ne renonce pas à "faire bouger" le gouvernement sur l'allongement de 40 à 41 ans de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein. Selon lui, une telle mesure reviendrait à "contraindre les salariés à partir avec une pension amputée" alors que rester à 40 ans ne coûterait que quatre milliards d'euros d'ici 2020, ce qu'il juge "tout à fait finançable". Il souligne que son organisation a parallèlement établi une série de "recettes possibles" qui rapporteraient 12 milliards d'euros par an. Il ne se risque pas à prédire si le printemps sera chaud mais précise : "Ce que je sais par expérience, c'est que quand un mécontentement perdure, il s'exprime toujours à un moment donné".

D'après agence

le 15 mai 2008 à 07:07
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