© TF1/LCIDe nombreux pêcheurs ont poursuivi leur action de protestation lundi, malgré la reprise du travail dans certains ports, et alors que leurs collègues d'autres pays européens se joignent peu à peu à ce mouvement contre la flambée du prix du carburant. Un appel à bloquer les ports pendant 48 heures à partir de mardi matin a été voté lundi par des représentants d'une dizaine de ports de la Manche et de la Méditerranée réunis à Boulogne-sur-Mer. "Nos revendications sont toujours les mêmes : un gazole eurocompatible et une gestion raisonnable des quotas", a expliqué Thierry Leprêtre, président du comité local des pêches de Boulogne-sur-Mer et délégué CFTC.
Pourtant, à l'image des pêcheurs de nombreux ports, ceux de Boulogne se sont montrés divisés sur la suite du conflit. Certains d'entre eux ont tendu des filins pour empêcher les chalutiers de sortir en mer au lendemain d'un appel à la reprise du travail lancé par le comité local des pêches. A Lorient, deuxième port de pêche en tonnage, les pêcheurs ont décidé de poursuivre la grève. "Le manque de confiance est intact. On a beaucoup de mal à comprendre les annonces du gouvernement", a expliqué la présidente du comité des pêches, Liliane Cariou. "Nous lançons un appel à la grève générale dans la baie de Saint Brieuc et partout ailleurs", a lancé pour sa part Yann Thomas, président du comité des pêches de la baie de Saint-Brieuc, qui a voté la poursuite de la grève. Les pêcheurs ont également provoqué la pagaille en menant des opérations escargots sur la route entre Rennes et Brest près de Saint-Brieuc, et celle entre Caen et Cherbourg dans la Manche.
Les pêcheurs de Catalogne en grève
Au Guilvinec lundi soir, les pêcheurs ont voté la poursuite de la grève, tout comme à La Rochelle, où la grève a été reconduite à une voix près, mais le port de pêche a été débloqué "pour que les mareyeurs puissent travailler". Des marins de Sète se sont rendus dans trois supermarchés pour retirer les poissons de leurs étals. Par ailleurs, les accès de la raffinerie Total du Havre restaient bloqués, de même que ceux des dépôts de carburants de Port-la-Nouvelle, dans l'Aude, et de La Rochelle. A l'inverse, les pêcheurs de l'ensemble des Pays-de-la-Loire ont repris le travail lundi, après le vote de La Turballe, dernier port de la région encore en grève. Ceux des Sables d'Olonne, à l'origine du mouvement national, avaient voté samedi la "suspension pour un mois", le temps pour le ministre de la Pêche Michel Barnier de mettre en oeuvre sa promesse de garantir un gazole à 40 centimes au lieu de 75 actuellement.
Par ailleurs, la grogne gagne d'autres pays européens. Des pêcheurs d'Italie, du Portugal, de France et d'Espagne, réunis dans le cadre de la Foire Internationale de la Pêche à Ancône, ont appelé à une grève illimitée à partir de mercredi pour protester contre la hausse du gazole. Les pêcheurs de Catalogne n'ont eux pas attendu cet appel pour entamer dans la matinée un mouvement de grève, anticipant sur une manifestation nationale prévue vendredi à Madrid.
30 pêcheurs en garde à vue |
Trente pêcheurs d'Arcachon ont été placés en garde à vue lundi à Bordeaux pour "vols en réunion" à la suite d'une opération menée vendredi dans trois grandes surfaces de la région. "Partout ailleurs on a vu des actions beaucoup plus dures et seuls les pêcheurs d'Arcachon sont poursuivis", a regretté Emmanuelle Gallart, épouse d'un des pêcheurs gardés à vue. |
(D'après agence)
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