L'appel de Barnier, l'assouplissement de Bruxelles

Par D.H., le 29 mai 2008 à 17h17 , mis à jour le 29 mai 2008 à 21h42

Le ministre de la Pêche a de nouveau demandé aux marins-pêcheurs qu'ils a reçus jeudi de reprendre le travail, leur promettant que le gouvernement s'occupait d'eux.

Michel BarnierMichel Barnier, le 29 mai 2008 © TF1-LCI

"Nous sommes sur tous les fronts pour sortir de la crise. Il y a un préalable : il faut reprendre le travail." Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, a une nouvelle fois demandé jeudi aux pêcheurs de reprendre le travail. Un appel lancé après avoir réuni des représentants des filières de la pêche et des distributeurs pour arrêter des mesures visant à améliorer l'efficacité du secteur.
 
Mais le mouvement, qui s'est récemment élargi aux agriculteurs et aux routiers et se répand partout en Europe, semble s'inscrire dans la durée. Au moment où Michel Barnier appelait à la reprise du travail, une soixantaine de délégués des pêcheurs et armateurs, représentant selon eux "80% de la profession", réunis à Bordeaux, ont en effet appelé à la poursuite de la grève. "Le gazole à 0,40 euro par litre à la pompe avec l'accord de la Communauté européenne et pour tous les pays touchés par la crise" constitue "la seule solution possible", ont réitéré ces professionnels, qui paient actuellement le litre 75 centimes. Les marins-pêcheurs de Méditerranée ont décrété de leur coté jeudi une grève totale "au moins jusqu'à lundi", tandis que les actions coups de poing se poursuivaient jeudi.

A la table ronde, "pas de solution miracle"

Lors de la table-ronde sur la formation des prix jeudi, Michel Barnier a annoncé la création de deux groupes de travail sur "la mise en place de stratégies par produit" et "une démarche de simplification et de lisibilité de l'offre" qui devront remettre leurs conclusions avant fin juillet. Le peu de résultats obtenu a notamment provoqué la colère de Luc Blin, président de la Fédération des organisations de la pêche artisanale. "On vend le poisson 3 à 4 euros et il se retrouve entre 27 à 32 euros sur les marchés. La grande distribution a les moyens de le payer au moins 0,50 euro de plus par kilo", estime Luc Blin pour qui la réunion a ressemblé à "une partie de poker-menteur".

La filière de la pêche éprouve des difficultés à trouver des solutions pour mieux rémunérer le travail des marins-pêcheurs français dans un contexte d'économie mondialisée. "L'important c'est que le poisson continue à se vendre à un prix raisonnable", a déclaré, à la sortie de cette table-ronde, le secrétaire d'Etat à la consommation et porte-parole du gouvernement Luc Chatel, pour qui il n'existe "pas de solution miracle". Luc Chatel a annoncé la seule décision concrète de cette réunion qui a déçu une partie des représentants des pêcheurs : les produits de pêche seront prochainement intégrés dans l'observatoire des prix et des marges des produits agricoles, mis en place en mars par la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Bruxelles prête à faire preuve de souplesse

La Commission européenne a de son côté indiqué jeudi être prête à faire preuve de souplesse pour permettre aux gouvernements d'aider leurs pêcheurs en colère à faire face à leurs difficultés, tout en refusant l'idée d'une subvention du prix du gazole. Répondant à des appels des deux grands pays de la pêche dans l'UE, la France et l'Espagne, à bénéficier d'aides européennes spécifiques dans la crise actuelle, le commissaire à la pêche Joe Borg a indiqué qu'il suivait "de près l'évolution de la situation". Il a affirmé sa "disponibilité" à permettre aux Etats membres de verser au secteur des aides "plus ciblées dans le contexte actuel difficile", tout en restant dans les limites financières déjà fixées d'un Fonds structurel de modernisation de la pêche (Fonds européen de la pêche), déjà programmé pour la période 2007-13.

Le budget total de ce fonds pour les sept années concernées a été fixé à 4,3 milliards d'euros, répartis en enveloppes nationales pour chaque pays. La France dispose par exemple d'un plafond de 216 millions d'euros, selon la Commission.

Par D.H. le 29 mai 2008 à 17:17
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