Des chalutiers à quai. © TF1/LCIAprès la France, au tour de l'Europe. Les pêcheurs espagnols, portugais et italiens en colère contre l'envolée des prix du gazole sont prêts à prendre la relève des protestations de leurs collègues français, appelant à une "grève illimitée" vendredi alors que Bruxelles a lancé un message d'ouverture.
Les principales organisations de pêcheurs des trois pays réclament des compensations financières face à la flambée du prix du gazole pour les bateaux qui a plus que triplé depuis 2004. Le commissaire européen à la pêche, Joe Borg, a indiqué jeudi être prêt à faire preuve de souplesse, tout en refusant à l'idée de subventionner le prix du gazole, ce qui à ses yeux, "en plus d'être illégal, ne résoudrait en rien les problèmes fondamentaux".
Réponse ferme faite à La France, l'Espagne et l'Italie qui ont pressé cette semaine Bruxelles d'autoriser des aides directes aux pêcheurs. En guise de souplesse, la Commission s'en tient donc pour l'heure à autoriser les Etats membres à verser des aides "plus ciblées dans le contexte actuel difficile", mais comprises dans les limites financières d'un Fonds structurel de modernisation de la pêche déjà programmé pour la période 2007-13. Fonds qui s'élève à 4,3 milliards d'euros, divisés en enveloppes nationales. Quant à la décision de la Commission européenne de demander à la France de récupérer au moins 65 millions d'euros d'aides accordés en 2006 aux pêcheurs pour compenser la hausse du carburant, elle n'a "pas surpris" Michel Barnier. "Nous nous y attendions. Elle était prévue, puisque la Commission avait clairement condamné et interdit ce système d'aides directes en contradiction avec la politique européenne de la concurrence", a déclaré le ministre de la Pêche.
Le mouvement s'essouffle-t-il en France ?
Quoiqu'il en soit, "vendredi, l'arrêt sera total dans toute l'Espagne", a annoncé José Antonio Caparros, porte-parole des coopératives de pêche de Barcelone (nord-est), ajoutant que l'action visait à "forcer une solution au niveau européen". Une manifestation de pêcheurs espagnols avait lieu en fin de matinée devant le ministère de l'Agriculture et de la Pêche à Madrid. Les pêcheurs espagnols devaient se contenter de ne pas sortir en mer. Mais ils n'excluaient pas des actions plus musclées, type blocage de ports.
Au Portugal, le gouvernement a refusé mercredi d'accorder des aides d'urgence aux pêcheurs, dont les représentants prévoient également une grève "totale" vendredi, sauf dans les archipels des Açores et de Madère, où les prix des carburants sont inférieurs à ceux du continent, grâce à une fiscalité allégée. En Italie, quelque 12.000 pêcheurs devraient suivre le mouvement, selon la principale fédération, la Federcoopesca (environ 17.000 adhérents).
En France, où les pêcheurs sont mobilisés depuis plus de 15 jours, le mouvement de protestation a marqué le pas depuis mercredi, après l'annonce par le gouvernement d'aides d'urgence. Si des marins-pêcheurs ont à nouveau brièvement bloqué, tôt vendredi, des raffineries autour de l'étang de Berre (Bouches-du-Rhône) et le Dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer dont ils ont été délogés sans incident par les CRS, les pêcheurs de Lorient (Morbihan) et du Guilvinec (Finistère), 2e et 3e ports de pêche français, ont voté vendredi la fin de leur grève. Armand Cossec, un des animateurs du comité de grève du Guilvinec, s'est dit "déçu" du vote : "On se demande si les gars ont compris ce qui se passait. On n'a rien obtenu de plus, à part des promesses. On sera peut-être obligé de se revoir dans quatre mois quand le pétrole sera à 90 centimes le litre...". Des fileyeurs avaient déjà repris la mer en milieu de journée.
Quant aux pêcheurs britanniques, ils ont prévu de manifester mardi prochain devant le secrétariat d'Etat à la Pêche à Londres, au moment où le secrétaire d'Etat Jonathan Shaw rencontrera les industriels du secteur.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




