© LCIEn 2005, on le disait fini. Enterré, au nom de la solidarité envers les plus âgés. Ravalé au rang de jour travaillé ordinaire. Mais le lundi de Pentecôte férié a la vie dure. Pas une seule fois depuis la mise en place, après la canicule de 2003, de la journée de solidarité, ce fameux lundi ne fut authentiquement et pleinement travaillé ; plutôt mi-travaillé, mi-chômé, faute d'être férié. On voulait sa mort ? Il se vengeait en plongeant la France, l'espace d'une journée, dans une accumulation de situations insupportables ou burlesques, toujours ubuesques. Qui irait travailler ? Qui n'irait pas ? Mais quatre années d'imbroglio s'achèvent en ce lundi 12 mai 2008, de nouveau officiellement férié. Fin du casse-tête pour de nombreux employeurs et salariés...
Ce grand retour du lundi férié de Pentecôte s'est fait par étapes. Après le tollé suscité notamment chez les parents d'élèves (problèmes de garde d'enfants qui n'avaient pas école) et les défenseurs des ferias de Nîmes et Vic-Fezensac, le gouvernement avait déjà instauré la possibilité de choisir la date de cette journée de solidarité. Faute d'accord, elle restait fixée au lundi de Pentecôte. En 2007, plus d'un salarié sur deux n'était pas allé travailler ce lundi-là, soit parce que son entreprise ou administration avait fermé ou offert un jour de repos, soit parce qu'il avait pris un jour de congé ou de RTT.
Le principe de la journée de solidarité toujours contesté
Pour cette année, le gouvernement a encore assoupli le dispositif de la journée de solidarité. Le principe d'une journée travaillée et non rémunérée - l'argent ainsi économisé par les employeurs étant versé en faveur des personnes âgées et des handicapés - est maintenu. Mais la journée de solidarité est désormais organisée à la carte. Elle sera fixée par accord d'entreprise ou de branche, soit un jour férié (hors 1er mai), soit un jour de RTT, ou respectera "toute autre modalité permettant le travail de sept heures précédemment non travaillées", selon la loi du 16 avril 2008. Dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, toujours soumis à un régime concordataire, l'organisation de cette journée reste interdite le Vendredi Saint, le jour et le lendemain de Noël.
Mais, selon la CFTC, "compte tenu de la proximité de la publication de la loi avec le lundi de Pentecôte", quelques entreprises feront travailler leurs employés ce jour-là, car la négociation d'entreprise n'a pas eu le temps d'aboutir "pour fixer les conditions de cette nouvelle corvée". La confédération chrétienne a donc appelé les salariés de ces entreprises à se mettre en grève ce 12 mai. Par ailleurs, au-delà du choix de la date, le principe même de la journée travaillée et non payée a toujours été dénoncé par les syndicats qui jugent, comme FO, le dispositif "très injuste" car "ne reposant que sur les salariés". La CFTC juge ainsi que "c'est l'ensemble de la collectivité nationale qui doit assurer le nécessaire effort de solidarité".
D'après agence
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