La riposte des syndicats

Par D.H. (avec agence), le 29 mai 2008 à 21h19 , mis à jour le 30 mai 2008 à 07h54

La CGT et la CFDT ont appelé jeudi à une journée d'actions le 17 juin pour la défense des retraites et du temps de travail, après avoir découvert le texte du gouvernement sur les 35h.

Francois Chereque CFDT CGT Bernard Thibaut Jean-Claude Mailly FOFrancois Chereque (CFDT), Bernard Thibaut (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) le 25 octobre 2006 © Thibault Camus/ABACAPRESS.COM

Le mois de juin s'annonce chaud sur le front social. Tandis que fonctionnaires et cheminots appellent à la mobilisation le 10 juin (lire notre article), le nouveau texte du gouvernement sur les 35 heures ne passe pas. Du coup, CGT et CFDT appellent à "une journée d'actions et des manifestations" mardi 17 juin contre le nouvel assouplissement des 35 heures mais aussi pour la défense des retraites. Une décision prise lors d'une réunion intersyndicale à Paris. "On n'exclut pas qu'il y ait des arrêts de travail mais, pour la CFDT, ce n'est pas un but en soi", a précisé Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT. FO et la CFE-CGC doivent pour leur part annoncer leur position lundi.
 
La CFDT et la CGT, qui dénoncent les dispositions de l'avant-projet de loi sur la démocratie sociale qui vide, selon eux, la loi sur la réduction du temps de travail de son sens, estiment que le gouvernement et le ministre du Travail, Xavier Bertrand, ont trahi leur engagement de transposer fidèlement dans la loi la proposition commune qu'ils avaient signée avec le Medef et la CGPME début avril. La CFTC avait choisi de ne pas participer à la réunion.
 
"Le gouvernement fait fi de la négociation et décide de libéraliser totalement le temps de travail dans les entreprises, c'est un véritable bouleversement", a ainsi déclaré le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, sur France 3. "Je ne vois pas pourquoi le gouvernement saurait mieux que le patronat et les syndicats ce qu'il faut faire" a-t-il dit. "Ou on nous laisse négocier et amener des résultats, ce qu'on a fait, ou on supprime les syndicats, et on supprime le dialogue social" a-t-il grondé.

Les retouches du gouvernement

- Le texte du gouvernement, qui doit être examiné avant la mi-juillet par le Parlement, étend considérablement l'assouplissement des 35 heures consenti par la CFDT et la CGT début avril. Dans leur position commune, ces derniers évoquent la possibilité, "à titre expérimental", de fixer par des accords d'entreprise conclu à la majorité absolue les modalités de dépassement des contingents d'heures supplémentaires.
- Le projet gouvernemental renvoie à la négociation d'entreprise ou, à défaut, à des accords de branche, non seulement les modalités de dépassement du contingent d'heures supplémentaires mais aussi la fixation de ce contingent et le repos compensateur octroyé pour les heures travaillées au-delà de ce contingent. Selon ce texte, il suffira pour que ces accords soient valides qu'ils soient signés par des syndicats ayant recueilli 30% des suffrages aux élections. A défaut d'un accord collectif, un décret déterminera le contingent annuel et le repos compensateur.
- Le texte étend d'autre part à tout salarié la possibilité de fixer la durée de travail sous la forme de forfaits en heures sur la semaine, le mois ou l'année, ou de forfaits en jours.
- Il prévoit par ailleurs que la durée du travail pourra être répartie sur tout ou partie de l'année par un accord d'entreprise ou, à défaut, de branche, qui devra notamment prévoir des délais de préavis et un seuil de prise en compte des heures supplémentaires.

Par D.H. (avec agence) le 29 mai 2008 à 21:19
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