Image d'archive © TF1/LCILCI.fr : Quelle est la situation sur le marché de Rungis ?
Alain Muller : Il y a pénurie, on commence à manquer de tout ce qui est pêche française. Du coup, on essaie de compenser avec des produits d'import. Ce mercredi matin, j'ai eu 40% de la livraison habituelle. Demain ou après-demain, on devrait être à 20%. Et je ne sais pas comment va se passer la fin de la semaine. On risque d'être au chômage technique. Si certains de mes employés peuvent avancer leurs congés, on s'arrangera comme ça.
LCI.fr : Quelles sont les conséquences financières des blocages ?
A.M. : Nous sommes une petite entreprise, donc nous ne sommes pas encore très touchés, contrairement aux structures plus lourdes, qui sont sur de plus gros stocks. Le manque à gagner n'est pas facile à évaluer. Nous ne décidons pas d'augmenter les prix, nous sommes soumis à la loi du marché. Quand il n'y a pas d'offre, comme c'est le cas en ce moment, les prix montent mécaniquement. Mais il n'y a pas de demande non plus, puisque les gens n'achètent plus de poisson. Donc on ne peut même pas compenser le manque de poisson avec des prix plus élevés. Il n'y a plus d'offre, il n'y plus de demande.
LCI.fr : Comprenez-vous le mouvement de protestation des marins-pêcheurs ?
A.M. : Les revendications des marins-pêcheurs sont valables, mais il faut voir au cas par cas. Certains galèrent, d'autres gagnent très bien leur vie. Je pense que certains n'ont aucune raison de manifester et qu'ils en profitent. Pour la "petite pêche", le gazole représente 10% des dépenses. Pour la pêche au chalut, les coûts en gazole sont plus importants, c'est environ 50% de leur budget. C'est pour eux que le gouvernement devrait faire un geste.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





