Avion en phase d'atterrissage © Médiathèque de la Commission européenneA bord des appareils de la compagnie CityJet, on ne plaisante pas. Deux chefs de cabine de cette filiale à 100% d'Air France, basée à Dublin, l'ont appris à leurs dépens : ils ont été licenciés pour des plaisanteries au micro en vol.
La faute est commise le 14 mai, au cours d'un vol Dublin-Paris. Un chef de cabine en "positioning", c'est-à-dire n'étant pas en service mais voyageant en uniforme sur ce vol, "prend l'initiative de faire une annonce aux passagers". Celle-ci est cocasse : "Veuillez garder votre ceinture de sécurité Gucci attachée, des gilets de sauvetage Chanel sont situés sous votre siège". Le facétieux membre d'équipage est licencié, de même que le chef de cabine en titre sur ce vol qui l'a laissé agir. Les deux hôtesses qui les accompagnaient ont reçu un avertissement.
Selon l'avocate des deux chefs de cabine, Nathalie Micault, celui en "positioning" était en appui et il a d'abord fait une annonce de sécurité en anglais "dans les règles de l'art" avant de faire ces déclarations en français. De plus, il n'existe aucune jurisprudence concernant Air France sur des licenciements pour de telles plaisanteries qui sont, d'après elle, "une pratique" existante.
"Les pressions se renforcent"
Quoiqu'il en soit, ces licenciements interviennent alors que les deux chefs de cabine, actuellement sous contrat irlandais, se sont par ailleurs pourvus en justice pour obtenir des contrats de travail français. De là à imaginer une mesure de rétorsion radicale de la part de CityJet ? Selon son avocat, Stéphane Bloch, "la compagnie a appliqué ses règles", sans lien avec l'autre procédure en cours. Ce dont doute l'avocat des deux licencés, Me Micault, qui assure que "les pressions se renforcent" sur ces salariés contestataires.
Ces licenciements seront contestés devant les prud'hommes lors d'une audience prévue le 26 novembre à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Au plan pénal, le parquet de Créteil a déjà ouvert durant l'automne une enquête préliminaire sur une éventuelle pratique de travail illégal. Un décret du 21 novembre 2006 soumet en effet les personnels navigants des compagnies étrangères installées en France au droit du travail français.
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