Thon rouge © TF1-LCIL'Union européenne a refusé mardi de céder aux pressions pour rouvrir la pêche au thon rouge, une mesure demandée par le gouvernement français qui juge que son interdiction est fondée sur des données erronées. Les ministres de la Pêche des Vingt-Sept se sont réunis à Luxembourg pour examiner la situation de cette pêcherie qui, selon l'exécutif européen, est menacée d'extinction en raison de la surexploitation et des captures illégales. "La Commission ne reviendra pas sur sa décision", a déclaré en marge de la réunion le commissaire européen à la Pêche, Joe Borg. "Nous ne voulons pas une répétition de ce qui s'est passé l'an dernier : cela va à l'encontre de notre crédibilité et cela n'aide pas les pêcheurs pour les saisons à venir."
"Nos chiffres montrent clairement que les quotas nationaux ont été épuisés", a ajouté le commissaire européen, précisant qu'ils étaient basés sur "de multiples sources qui peuvent être vérifiés". Joe Borg a ainsi pointé du doigt la France ainsi que l'Italie et a accusé les pêcheurs d'utiliser des avions pour repérer les bancs de thon, une pratique interdite par la législation européenne.
Les pêcheurs en colère
Pour espérer la réouverture de la pêche au thon rouge, Paris et Rome devaient obtenir l'appui d'une majorité qualifiée des Vingt-Sept. Mais elles ne l'ont pas obtenue. Même l'Espagne, qui est pourtant concernée par l'interdiction, a fait bande à part, a-t-on appris de source diplomatique. Après la décision de la Commission européenne, la France a toutefois décidé de jouer l'apaisement. "Je ne suis pas dans l'état d'esprit de mener une polémique, de jouer contre la Commission européenne, je veux être avec la Commission", a affirmé le ministre français Michel Barnier à l'issue de la réunion. De son côté, le patron du syndicat des thoniers méditerranéens, Mourad Kahoul, demande à l'Etat français d'intenter un recours devant la Cour européenne de justice.
Le 13 juin, la Commission européenne avait décrété l'interdiction de la pêche au thon rouge en Méditerranée, les quotas pour 2008 étant selon elle en voie d'être épuisés. Depuis le 16 juin, les thoniers senneurs français, italiens, grecs, chypriotes et maltais sont ainsi contraints de rester à quai. La pêche artisanale pourra toutefois se poursuivre jusqu'à nouvel ordre.
Cette décision avait été mal accueillie par les marins-pêcheurs, qui ont bloqué des ports et des raffineries pour obtenir des aides afin de compenser la flambée des prix du carburant en hausse brutale depuis quelques mois. La Commission estime que les arguments français, selon lesquels la Commission se baserait sur des données dépassées, sont totalement faux et démentis par les contrôles. L'an dernier, la pêche avait été arrêtée le 19 septembre - l'Italie et la France avaient mis fin à leurs activités respectivement en juillet et en août 2007 - après épuisement voire dépassement des quotas.
(D'après agence)
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