La guerre du gazole gangrène les transports

le 17 juin 2008 à 08h25 , mis à jour le 17 juin 2008 à 12h08

Les salariés de taxis manifestent à Paris, et un conflit national se profile, alors que les routiers annoncent de nouvelles actions et se disent prêts "au blocage complet".

TF1-LCI © TF1-LCI

Lundi, les routiers manifestaient un peu partout en France, rejoints ponctuellement par des ambulanciers ou des taxis. Ce mardi, les salariés et locataires de taxis parisiens jouent les prolongations. Ils partiront à 10 heures, après l'heure de pointe du matin, des aéroports de Roissy-Charles de Gaulle et Orly vers Bercy. Des artisans du taxi devraient participer à cette action, selon une porte-parole de la Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat). Et un mouvement d'ampleur nationale n'est pas exclu.

L'action nationale menée lundi par les routiers, taxis et ambulanciers pour demander des aides accrues face à la hausse des prix du carburant a déjà perturbé la circulation dans les grandes villes françaises et sur des dizaines d'axes routiers. Cette journée de mobilisation organisée par les trois principales organisations patronales FNTR, Unostra et TLF est susceptible d'être reconduite à des dates diverses. "Nous déciderons la semaine prochaine d'une éventuelle nouvelle journée d'actions", a déclaré un porte-parole de la Fédération nationale des transports routiers. Catherine Pons, présidente de l'Unostra, affirme pour sa part que les routiers sont prêts à aller "jusqu'au blocage complet", notamment en parallèle avec l'action prévue fin juin par les transporteurs italiens.

Ce que veulent les taxis

Après cette démonstration de force des routiers et ces menaces de nouvelles actions, la Fnat a fait savoir à son tour qu'elle "n'exclut pas de mettre, à brève échéance, son organisation au service d'une mobilisation interprofessionnelle aux côtés des routiers, des pêcheurs" mais également d'autres métiers "tels que les artisans du bâtiment et des travaux publics".

Pour l'heure, on n'en est qu'au stade de la menace et les artisans taxis ont fait savoir, dans un communiqué publié lundi soir à l'issue d'une rencontre entre la Fnat et le ministère de l'Economie, que les négociations "pourtant difficiles" allaient se poursuivre mais qu'elles nécessitaient "l'arbitrage de Matignon". La Fnat précise "qu'aucune mesure n'a été adoptée malgré la technicité des échanges" et refuse que "la perte du pouvoir d'achat des entreprises du secteur soit compensée intégralement par une augmentation abusive des tarifs". La fédération entend "éviter de pénaliser de nouveau leur clientèle" et "propose une compensation reposant sur une augmentation faciale, une incitation fiscale, un aménagement d'horaires et un soutien à l'investissement, notamment des véhicules propres".

La colère des ambulanciers devant le ministère de la Santé

Quelque 450 ambulances et un demi-millier d'ambulanciers sont restés toute  la nuit devant le ministère de la Santé. Ils étaient toujours sur place mardi matin.  Après avoir été reçus lundi dans la matinée par un représentant du cabinet  de la ministre Roselyne Bachelot-Narquin pour discuter de la hausse du  carburant, puis de nouveau à 18 heures, les quatre présidents des organisations  professionnelle ont refusé de quitter le bâtiment, vers  20 heures, affirmant que les mesures proposées par le ministère pour faire face à la  hausse du carburant étaient "insuffisantes".

D'après agence

le 17 juin 2008 à 08:25
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