Une hausse, mais pas de coup de pouce

Par O.L avec agence, le 23 juin 2008 à 12h03 , mis à jour le 23 juin 2008 à 20h53

Le Smic sera revalorisé de 0,9% au 1er juillet à 8,71 euros de l'heure pour tenir compte de l'inflation mais sans aide supplémentaire du gouvernement.

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On s'y attendait mais c'est maintenant officiel, le Smic n'aura pas de "coup de pouce" cette année. Le salaire minimum sera simplement revalorisé de 0,9% au 1er juillet à 8,71 euros de l'heure pour tenir compte de l'inflation. Xavier Bertrand l'a annoncé lundi matin aux partenaires sociaux, selon des propos cités par la CGT.
 
Le ministre du travail  a appris la nouvcelle à la Commission nationale de la négociation collective (CNNC) réunie rue de Grenelle. Le Smic a déjà été revalorisé par anticipation le 1er mai de 8,44 euros à 8,63 euros bruts de l'heure en raison de la flambée des prix.
 
"Une décision scandaleuse", pour la CGT
 
La loi impose une hausse automatique du salaire des ouvriers et des employés les moins bien payés lorsque l'inflation dépasse 2% en cours d'année. Il n'y avait pas eu de hausse anticipée depuis 1996.   La hausse du Smic au 1er juillet, qui concerne environ 2,5 millions de personnes, dont 900.000 à temps partiel, est calculée chaque année à partir de l'évolution de plusieurs paramètres économiques.
 
Elle est égale à l'inflation de l'année passée, plus la moitié du pouvoir  d'achat du salaire horaire ouvrier (SHBO). "Le 1er juillet, les Smicards auront 8 centimes d'augmentation. Il n'y aura pas de coup de pouce, cette décision du gouvernement est scandaleuse, car cela n'a jamais été aussi nécessaire que cette année", a commenté Maryse Dumas (CGT) devant la presse au sortir de la réunion.

Revalorisation annuelle au 1er janvier à partir de 2010

Le 1er juillet, le ministre du Travail et son homologue à l'Economie et l'Emploi Christine Lagarde rencontreront les partenaires sociaux pour discuter de l'avant-projet de réforme qui leur a été transmis lundi. Une revalorisation du Smic au 1er janvier donnerait "une lisibilité accrue aux partenaires sociaux" dans les branches pour relever les rémunérations minimum prévues dans les conventions collectives, et dans les entreprises pour négocier des augmentations salariales, selon l'exposé des motifs. M. Bertrand a annoncé le passage du texte en conseil des ministres avant la pause de l'été.

"Nous n'oublions rien de nos promesses", a-t-il dit. La CFTC s'était par avance émue du projet de réforme, rappelant que le Smic est un "instrument de justice sociale" et "doit être fixé par l'Etat, et non par un quelconque comité, sans légitimité démocratique". Même crainte à la CGT pour qui "les critères d'indexation automatiques du Smic qui sont visés" et la politique du gouvernement contradictoire avec la volonté de Nicolas Sarkozy "que la France qui se lève tôt soit enfin reconnue dans la valeur de son travail". La CGT est également opposée, contrairement à d'autres syndicats, à la volonté de faire passer l'augmentation du Smic du 1er juillet au 1er janvier. Selon la CGT, "cela va dans le sens de la volonté du patronat de permettre une annualisation du Smic" afin que son calcul intègre les primes, indemnités, 13ème mois, etc. Le Smic est calculé actuellement sur une stricte base horaire.

Par O.L avec agence le 23 juin 2008 à 12:03
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