La manifestation dégénère en affrontement

Par D.H. (avec agence), le 07 juin 2008 à 22h27 , mis à jour le 07 juin 2008 à 22h32

Depuis vendredi, 2 services de l'hôpital de Carhaix, en Bretagne, ont fermé. 500 personnes ont à nouveau manifesté samedi, mais des heurts se sont produits.

CarhaixHeurts lors de la manifestation pour l'hôpital de Carhaix, en Bretagne, le 7 juin 2008 © TF1-LCI

Des heurts ont opposé samedi à Quimper des gendarmes mobiles et des manifestants du comité de défense de l'hôpital de Carhaix, dans le Finistère, dont deux services ont été fermés par l'administration. Huit manifestants ont été interpellés et remis en liberté en fin d'après-midi, selon la police.

Quelque 500 personnes s'étaient rassemblées samedi matin devant la préfecture pour protester contre la suspension, effective depuis vendredi soir, des services de chirurgie et de maternité de l'hôpital. Les manifestants ont enflammé des pneus sur la chaussée, paralysant la circulation, puis des incidents ont éclaté avec les gendarmes mobiles qui interdisaient l'accès à la préfecture. Des tirs de grenades lacrymogènes et quelques charges ont répondu à des jets de cailloux, de fumigènes et de projectiles divers.

Vendredi soir, 5.000 à 7.000 personnes avaient manifesté sans incidents à Carhaix au moment de la fermeture des deux services sur décision de l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH). Depuis plusieurs semaines, le comité de défense multiplie les actions contre cette fermeture. Il a prévenu que les manifestations continueront la semaine prochaine.

"Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des gestes désespérés"

Invoquant une "exception géographique", Carhaix étant distant de plus de 45 minutes des hôpitaux de Brest et Quimper, le conseil d'administration de l'hôpital a également déposé un référé auprès du tribunal administratif de Rennes. L'audience est prévue pour le 25 juin. L'ARH de Bretagne avait publié fin avril un rapport très critique sur le fonctionnement de l'établissement, dénonçant notamment les difficultés de recrutement de médecins, une surmortalité dans certains services de chirurgie, ou le non-respect du temps de repos des praticiens.
 
Vendredi, le maire de Carhaix, Christian Troadec (DVG), avait qualifié de "lueur d'espoir" et de "premier recul de l'Etat", l'annonce par l'ARH de la levée de la suspension de l'activité de chirurgie ambulatoire et l'absence de date butoir pour une fermeture définitive laissant du temps pour proposer un nouveau projet pour l'hôpital. "Il faut continuer à mettre la pression, la violence vient de l'Etat. C'est la fermeture d'un hôpital, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des gestes désespérés", a affirmé M. Troadec. "On est contre la violence, mais il y a beaucoup de fatigue et d'usure, et des gens qui ont peur de perdre leur emploi", ont indiqué deux femmes d'une quarantaine d'années, venues de Carhaix pour manifester.

Par D.H. (avec agence) le 07 juin 2008 à 22:27
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience