Un routier manifestant à la Défense à Paris contre la hausse des prix du carburant, le 3 juin 2008 © TF1/LCI
L'agglomération parisienne n'est plus épargnée par la fronde des routiers. Rejoints par quelques dizaines de taxis, une centaine de chauffeurs de poids lourds ont mené mardi matin, à l'appel de l'Organisation des transports routiers européens, une "opération escargot" aux abords de La Défense, où se trouve le siège du groupe pétrolier Total. Le convoi, parti du port de Genneviliers en début de matinée, a provoqué d'importants ralentissements sur l'A86, en pleine heure de pointe, provoquant jusqu'à 224 km de bouchons contre 180 km un mardi normal. En milieu de journée, une délégation a également été reçue par la direction de Total. Vers 13 heures, les poids lourds commençaient à quitter les lieux.
En attendant les propositions du gouvernement, les routiers, appuyés par les agriculteurs également très remontés contre le prix du gazole, continuent donc leur mobilisation. Et multiplient les actions symboliques. Alors que les derniers camions qui bloquaient mardi la raffinerie Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, ont levé leur occupation dans l'après-midi, une trentaine de militants du Modef, syndicat d'exploitants agricoles familiaux, a bloqué mardi l'accès à un dépôt de carburant Alvéa, distributeur du groupe Total, près de Marmande, dans le Lot-et-Garonne. Pour mercredi, les transporteurs routiers ont annoncé de nouvelles actions, dont une opération "escargot" jusqu'à la zone de fret de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, près de Paris. De son côté, l'intersyndicale des taxis des Bouches-du-Rhône a annoncé des actions jeudi à Marseille ainsi qu'à l'aéroport Marseille-Provence et à la gare TGV de l'Arbois.
Ce qu'a promis Dominique Bussereau
Les routiers réclament toujours la sécurisation du prix du gazole au niveau où il a été négocié en janvier 2008, soit 98 centimes d'euro du litre. Lundi, Dominique Bussereau a promis des réponses à l'inquiétude des routiers en milieu de semaine. Après avoir rencontré des représentants des transporteurs, le secrétaire d'Etat aux Transports a en effet annoncé "une réponse très claire sur les demandes conjoncturelles, sur l'évolution structurelle de la profession et sur ce que seront les priorités de la France pendant la présidence de l'Union européenne, en particulier comment nous essayerons de faire évoluer la fiscalité pétrolière". "Nous avons reçu une écoute positive de Dominique Bussereau", a indiqué de son côté le secrétaire général de la Fédération nationale des transports routiers, Jean-Paul Deneuville. "Nous attendons des réponses pour la fin de semaine."
D'ores et déjà, les ministres des Finances de la zone euro ont rejeté lundi à Francfort la proposition du président français Nicolas Sarkozy de plafonner la TVA sur les carburants pour faire face à la flambée des prix pétroliers. "Je pense que la France a déjà quelques problèmes pour maintenir son budget en ordre, donc réduire les impôts ne va pas nécessairement rendre la chose plus facile pour eux", a estimé le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos. Le Premier ministre François FIllon a lui déclaré que la question serait soumise au prochain Conseil européen.
La grève des marins-pêcheurs reconduite à Dieppe |
Les marins-pêcheurs de Dieppe, en Seine-Maritime, ont voté mardi la poursuite au moins jusqu'à jeudi du mouvement de grève contre l'envolée des prix du gazole et les quotas européens. "Le problème est que les gens qui voulaient reprendre étaient déjà en mer et n'ont pas pris part au vote", a dit Eric Maret, président du Comité local des pêches, partisan de la reprise du travail. En Normandie, le mouvement se poursuivait mardi encore dans quelques autres ports comme Fécamp en Seine-Maritime, Cherbourg, Granville ou encore Saint-Vaast-La-Hougue dans la Manche. Ailleurs en Europe, la grève continuent, comme au Portugal. Au Royaume-Uni, plusieurs centaines de pêcheurs ont manifesté mardi à Londres pour réclamer une aide d'urgence du gouvernement. |
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




