Grève au port autonome du Havre (23 avril 2008) © TF1/LCILa mobilisation est forte contre la réforme portuaire qui doit être votée mercredi à l'Assemblée Nationale. La fédération CGT des ports et docks, ultra majoritaire dans le secteur, refuse toujours la concession des terminaux et le transfert des personnels et de l'outillage au privé. "Nous disons non au transfert des salariés vers le privé qui signifierait la mise en oeuvre de la directive européenne sur la libéralisation des services, pourtant repoussée à deux reprises", a déclaré Patrick Deshayes, secrétaire du syndicat CGT du Port autonome du Havre.
La fédération CGT des ports et docks a donc lancé une grève de 48 heures qui paralyse ce mardi les terminaux des ports autonomes de Nantes/Saint-Nazaire, du Havre, de Marseille et de Dunkerque-Est. La mobilisation est d'autant plus importante que les agents CGT de la manutention ont reçu le soutien des dockers (manutention privée) qui participent parallèlement à la journée nationale d'action pour la défense des 35 heures et des retraites.
Malgré une forte présence policière, les agents multiplient les blocages dans les terminaux et l'atelier de maintenance du port autonome de Nantes/Saint-Nazaire. Au Havre, environ 500 agents portuaires, selon la CGT, ont ciblé leur action sur le terminal des car-ferries transmanche. A Dunkerque, la grève touche davantage le port Est mais aucun navire n'était en attente en fin de matinée, selon la direction du port. Cependant, à Marseille, 68 navires sont en attente. Il s'agit de la quatrième journée consécutive de grève et du quinzième jour d'arrêt total de travail depuis la mi-avril. Selon la direction du port, le trafic aurait baissé de 40% en mai.
Le gouvernement doit "tenir'"
" L'adoption probable du projet demain ne devrait rien changer", a estimé Pascal Galéoté, secrétaire général des agents CGT. Pas de démobilisation avant "une table ronde pour débattre sur le fond" , a expliqué le leader CGT. " Nous restons extrêmement déterminés, on n'est pas atteint par le syndrome du renoncement" , a-t-il conclu.
Pour le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, ces "grèves larvées" dans les ports français "gênent considérablement les entreprises". En mai, elles ont provoqué une perte de 35% du trafic de conteneurs."Tout le monde sait bien qu'il faut faire cette réforme et la CGT continue de discuter avec nous", a-t-il déclaré.Quant à Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, il a réaffirmé qu'il ne fallait pas plier et qu'il était important de "tenir"."Cette réforme, avait été tentée par le précédent gouvernement et le grand tort avait été de lâcher beaucoup trop tôt", a-t-il expliqué sur LCI.
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