Un routier manifestant à la Défense à Paris contre la hausse des prix du carburant, le 3 juin 2008 © TF1/LCI 
Routiers : la grogne continue malgré les annonces
Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, avait espéré dénouer la crise ce jeudi. Mais sa rencontre avec des représentants des transporteurs, qui ont multiplié les actions ces derniers jours pour protester contre la flambée des prix du gazole, suivie de l'annonce de mesures conjoncturelles et structurelles d'aide aux transporteurs routiers n'ont pas suffi.
Insatisfaite de ces mesures qui ne sont "pas à la hauteur de la crise" actuelle, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), a aussitôt annoncé qu'elle organiserait une journée d'action nationale le 16 juin. Il s'agira d'opérations "escargot" à Paris et dans toute la France, a précisé la FNTR espérant mobiliser "de 3.000 à 5.000 véhicules". Un second syndicat, l'Organisation des transports routiers européens (OTRE), a également demandé à ses adhérents d'intensifier ses actions dès la semaine prochaine. Les opérations prévues vendredi et lundi sont ainsi maintenues et l'OTR intensifiera ensuite ses actions "en passant à une échelle nationale", sans pour autant s'associer à la journée de la FNTR.
L'Unostra (Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles), "déçue" elle aussi "car les annonces sont assez loin du compte" et "manquent de concret", s'est associée vendredi à la journée d'action du 16 juin. L'organisation patronale appelle par ailleurs à des actions dès dimanche 8 juin à la frontière espagnole pour réclamer un tarif européen pour le gazole en écho au mouvement des syndicats espagnols. Quant à la Fédération des entreprises de transport et logistique de France (TLF), elle a dit avoir eu une "réaction mitigée" aux annonces gouvernementales mais a réclamé davantage de gestes sur la fiscalité. Interrogée sur une éventuelle participation aux mouvements de protestation, elle annonce que "pour l'instant, ce n'est pas dans la volonté de TLF d'être les boutefeux du transport", sans exclure la participation à des "actions isolées".
Les mesures annoncées par Bussereau
Comme annoncé par Dominique Bussereau, les députés, qui poursuivaient l'examen du projet de loi de modernisation de l'économie (LME), ont adopté une mesure en faveur des transporteurs routiers qui prend en compte les variations du prix du carburant. Cet amendement prévoit l'instauration d'une sanction pénale de 15.000 euros "en cas de refus du co-contractant d'un transporteur routier ou d'un commissionnaire de transport d'appliquer le mécanisme de répercussion des hausses de gazole dans le prix de la prestation".
Le secrétaire d'Etat propose également "un étalement du paiement des charges fiscales et sociales" et une "accélération du remboursement de la TIPP". Cette mesure permettra aux entreprises de transport d'obtenir des délais de paiement sur leurs charges (TVA, taxe professionnelle, cotisations sociales, cotisations assedic). Le remboursement de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) sera également accéléré. "Pour tenir compte des problèmes de trésorerie des entreprises, il y aura immédiatement le versement d'une avance de remboursement qui correspondra à 60% du montant déclaré le semestre précédent", a dit Dominique Bussereau.
"Améliorer les conditions de concurrence entre transporteurs européens"
Pour améliorer la compétitivité des transporteurs français, il a annoncé qu'il réunirait les partenaires sociaux début juillet pour ouvrir une concertation sur le temps de travail. "L'objectif c'est de réfléchir sur la notion d'équivalence et faire en sorte qu'il puisse y avoir une application au transport routier de la loi TEPA aussi bien en allègements de charges et de cotisations sociales des entreprises qu'en augmentations de revenu net des salariés", a-t-il dit.
Dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, qui débutera le 1er juillet, Dominique Bussereau a souligné "une nécessité d'améliorer les conditions de concurrence entre transporteurs européens", à travers l'examen des différentes fiscalités sur les carburants, citant notamment les différents taux de TIPP. Le secrétaire d'Etat a également souhaité une modération des prix des péages alors que l'Etat renégociera l'an prochain les contrats de plan avec les sociétés d'autoroutes. Il a précisé qu'il recevrait dans les prochains jours leurs dirigeants.
Carburant : FO demande une "prime de transport" pour les salariés
De leur côté, les taxis, qui ont réalisé des actions à Marseille jeudi, ont annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur les conséquences de la hausse du carburant pour leur profession. Il doit rendre des conclusions le 16 juin, selon la Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat). Ce groupe de travail a été mis en place à l'occasion d'une rencontre entre le président de la Fnat, Alain Estival, et le secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat et des PME, Hervé Novelli, a-t-on indiqué à la Fnat.
Par ailleurs, Force Ouvrière (FO) a appelé jeudi le gouvernement à "agir" face à l'amputation du pouvoir d'achat des salariés par la flambée des prix du carburant et des produits alimentaires, notamment par la mise en oeuvre d'une "prime de transport".
(D'après agence)
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