Opération escargot en Lorraine, le 31 mai 2008 © LCIAprès les pêcheurs, les routiers se mobilisent dans toute la France. Quelles sont leurs revendications? Nicolas Paulissen, directeur de la communication de la Fédération Nationale des Transporteurs routiers (FNTR), revient pour LCI.fr sur le "plan d'action" demandé par la profession.
LCI. fr : Peut-on résumer ainsi vos revendications : comme les pêcheurs, vous demandez au gouvernement de l'argent pour faire face à la flambée du gazole ?
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| Nicolas Paulissen |
Nicolas Paulissen, Fédération Nationale des Transporteurs routiers (FNTR) : C'est un peu caricatural. La flambée du gazole n'est qu'un facteur aggravant de la crise que traverse notre secteur, à savoir une explosion de nos coûts dans un contexte économique déprimé et une surcapacité structurelle. Si le gazole a augmenté de 44% en trois, les péages ont augmenté de 25%, ce qui a provoqué une augmentation moyenne de nos coûts de 10% pour la seule année 2008. Du jamais vu ! Nous avons donc besoin d'un plan global.
LCI. fr : Sur le gazole, quelle est votre priorité ?
N. P. : Nous souhaiterions un remboursement accéléré de la ristourne fiscale que la loi nous consent, mais, contrairement aux marins pêcheurs, nous ne nous fixons pas sur la fiscalité, nous demandons simplement que nos clients prennent en charge la hausse des prix du carburant. Nous sommes un monde de PME et lorsque nous travaillons avec des géants (NDLR : des groupes de l'envergure de Coca-Cola ou Ikea), il est difficile de faire le poids pour répercuter le prix du gazole sur nos tarifs. Nous demandons donc au gouvernement un renforcement rapide du dispositif de répercussion gazole par une clause de nature pénale. Si les clients persistent à refuser de prendre à leur charge l'augmentation du gazole, il se placeront alors en infraction, et risqueront une amende. Cela pourrait passer dès mardi à l'Assemblée dans le cadre d'un amendement à la loi de modernisation de l'économie, d'après ce que nous a dit Dominique Bussereau (NDLR : le secrétaire d'Etat aux transports).
LCI. fr : C'est donc en bonne voie... Et s'agissant des réformes structurelles ?
N. P. : Nous demandons notamment un allègement du coût du travail : les 35 heures ont été une vraie catastrophe pour notre secteur. A titre d'exemple, les temps d'attentes sont considérés comme du temps de travail à 100% en France contrairement à d'autre pays d'Europe. Au niveau européen, il faudrait aussi harmoniser la fiscalité et encadrer le "cabotage", c'est-à-dire la possibilité qu'ont des transporteurs étrangers, qui ont des coûts plus faibles, de venir nous concurrencer en France.
LCI. fr : Vous demandez aussi au gouvernement de supprimer la "taxe à l'essieu", de 700 euros par an et par camion. N'est-ce pas illusoire alors que les pouvoirs publics expliquent que "les caisse de l'Etat sont vides" ?
N. P. : C'est une des pierres d'achoppement avec le gouvernement. C'est vrai que cela sera une des mesures les plus dures à faire passer.
LCI. fr : Si vous n'obtenez pas gain de cause, le mouvement va-t-il se durcir ?
N. P. : Pour l'instant, nous privilégions les opérations de péage gratuits, les rassemblements, et les distributions de tracts. C'est vrai qu'il y a eu aussi des opérations escargots mais c'est parfois le seul moyen de nous faire entendre, un coup de semonce. Nous déciderons jeudi prochain de la suite à donner à notre action. Nous sommes bien conscients qu'un durcissement du mouvement serait une décision lourde pour tout le monde.
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