Retraité de force... par décision judiciaire

le 16 juin 2008 à 17h24 , mis à jour le 16 juin 2008 à 18h33

Juriste d'une filiale d'EDF, il a été mis à la retraite d'office à 60 ans alors qu'il souhaitait poursuivre son activité jusqu'à 65 ans.

Jean-Luc Lehocq rteJean-Luc Lehocq, le 16 juin 2008 © TF1/LCI

Il voulait travailler plus longtemps, mais la justice le lui interdit. Un juriste du Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF, mis à la retraite d'office à 60 ans alors qu'il souhaitait poursuivre son activité jusqu'à 65 ans, a en effet été débouté lundi de ses demandes de dommages-intérêts par le conseil de prud'hommes de Bordeaux. RTE, qui employait Jean-Luc Lehocq jusqu'en juillet 2007, avait refusé qu'il poursuive son activité au delà de 60 ans, en vertu d'un décret de 1954 qui fixe à 60 ans l'âge de la retraite pour les entreprises "à statut", telle qu'EDF, avait expliqué Me Hélène Saïd, l'avocate de l'entreprise lors de l'audience le 3 avril. "Il y avait une opportunité pour les juges prud'homaux de pouvoir prendre en compte les évolutions de la société par rapport à l'âge de la retraite", a indiqué lundi à la presse Jean-Luc Lehocq. Les conseillers prud'homaux avaient "une latitude par rapport au décret de 1954", a-t-il estimé ajoutant que, selon lui, il n'a jamais été transcrit dans les statuts de la filiale d'EDF.

Les prud'hommes de Bordeaux ont ainsi validé la mise à la retraite de Jean-Luc Lehocq et l'ont débouté de ses demandes de dommages-intérêts représentant ses pertes de revenus sur 5 ans soit 240.000 euros. De plus, le retraité a été condamné à payer les frais de justice. Jean-Luc Lehocq a indiqué qu'il allait faire appel de la décision, affirmant qu'il avait perdu la moitié de ses revenus en partant à la retraite. "J'ai deux enfants encore scolarisés et lorsque l'on est en bonne santé comme moi j'estime que l'on doit pouvoir avoir le choix de poursuivre ou pas son activité", a-t-il ajouté. En outre, Jean-Luc Lehocq a précisé qu'il avait intenté un recours devant le Conseil d'Etat contre le "décret de 1954" devenu, selon lui, "aujourd'hui obsolète". Le retraité affirme avoir reçu de nombreuses lettres de soutien "de personnes qui sont dans le même cas".

(D'après agence)

le 16 juin 2008 à 17:24
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