Les taxis ont envahi Marseille © LCIOn attendait plutôt les routiers sur le front de la contestation contre la hausse du pétrole. Finalement, et malgré des opérations escargot opérées par les poids-lourds jeudi matin en région parisienne (lire notre article), ce sont les taxis marseillais qui font le plus peur.
Plusieurs dizaines de taxis ont ainsi mis en place un barrage filtrant à l'entrée nord de Marseille ainsi qu'en d'autres points de la ville, ralentissant la circulation, sans toutefois provoquer de graves perturbations. Peu avant 8 heures, les taxis étaient stationnés le long du rond-point de la porte d'Aix. Une délégation des syndicats de taxis marseillais a été reçue à la préfecture de région à la mi-journée. Dans le Var, selon le Centre régional d'information et de coordination routière, la circulation était difficile dans le centre de Toulon, en raison d'une opération escargot menée par une quarantaine de poids lourds et une vingtaine de taxis, à l'appel du Syndicat des entreprises de transport du Var.
Transports urbains paralysés
"Notre objectif, a déclaré le président du Syndicat des taxis marseillais, c'est de forcer le gouvernement à établir le prix d'un gazole professionnel. Le gazole représente de 35 à 40% des dépenses de nos exploitations. Nous avons des tarifs réglementés, donc nous ne pouvons pas impacter la hausse du prix du carburant sur nos tarifs", a-t-il expliqué. Autre motif de mécontentement : la détaxe, appliquée jusqu'en 2007, qui est passée à la trappe pour les trois-quarts en 2008 et qui devrait l'être en totalité en 2009.
Le mouvement devrait être rejoint par des ambulanciers et des patrons d'auto-école, a indiqué le président du Syndicat des taxis marseillais, précisant que les quatre barrages pour l'instant filtrants, pourraient devenir bloquants. Pour l'heure, selon le Centre régional de coordination et d'information routière, on dénombrait plus d'une douzaine de kilomètres de bouchons aux entrées de Marseille. A Aix-en-Provence, les taxis ont décidé simplement de rester aux stations et de ne pas prendre les clients en charge.
"Dans l'attente de Bussereau"
En région parisienne et ailleurs en France, si des opérations escargot ont bien été entreprises, leur nuisance reste modérée. La raison en est simple : "Dans l'attente des annonces de M. Bussereau, nous n'entamerons pas d'action dure et nous restons sur cette ligne de conduite", a ainsi expliqué un responsable de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), à la pointe du mouvement de contestation.
Quoiqu'il en soit, et pour l'heure, des agriculteurs ont été rejoints par des routiers au péage de Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne) sur l'A6, où ils ont procédé à une opération "péage gratuit", selon le Centre national d'information routière (Cnir). Dans le Var, une opération "escargot" a été menée dans la matinée par des routiers et des taxis sur l'A57 en direction de Toulon. Dans le Pas-de-Calais, des agriculteurs ont effectué une opération "escargot" sur la RN42 entre Saint-Omer et Boulogne-sur-Mer.
| Marseille sans taxis, ni transports en commun |
Si le trafic automobile est fortement perturbé par le mouvement des taxis, les usagers des transports urbains marseillais ne sont pas mieux lotis jeudi. Bus et tramway sont en effet totalement paralysés par une grève de 24 heures des chauffeurs en réaction à l'agression à l'arme blanche mercredi d'un de leurs collègues. Seules les deux lignes de métro qui desservent partiellement la ville, fonctionnent. |
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