Des milliers de personnes ont manifesté mardi 17 juin à Paris pour la défense des retraites © TF1/LCILes syndicats sont déçus. Les manifestations organisées ce mardi pour la défense des retraites et des 35 heures n'ont pas remporté le succès escompté. Loin de la journée d'action sur les retraites du 22 mai, les manifestants étaient 500.000 selon la CGT contre 700.000 la fois précédente. Dans le détail, ils étaient 55.000 à Paris, 18.000 selon la police, contre entre 28.000 et 70.000 il y a un peu plus de trois semaines. A Lyon, ils étaient entre 4000 et 6000 mardi matin - contre 8500 à 12.000 le 22 mai-, entre 1300 et 2000 à Strasbourg - contre 2200 à 6000 - et entre 3500 et 7500 à Rennes - contre entre 5500 et 10.000 le 22 mai. Même chose à Marseille, où, selon la police, 4000 personnes ont défilé mardi matin, contre 8200 le 22 mai dernier. En tout, quelque 124 manifestations devaient avoir lieu dans toute la France, a précisé la CGT,
La CGT et la CFDT, à l'origine de cette journée d'action, à laquelle participaient également Solidaires et la FSU, s'étaient pourtant fixé comme objectif de rassembler plus de personnes dans les rues que lors de la journée du 22 mai, à laquelle appelaient tous les syndicats. Selon le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, la "division syndicale" est en cause, même s'il assure que le niveau de mobilisation était "comparable sinon supérieur à la fin mai". Même chose pour la CFDT, qui a qualifié la journée de "réussite". "Nous allons travailler à une rentrée en fanfare", a prévenu Bernard Thibault, qui s'inscrit "d'ores et déjà dans une mobilisation internationale du 7 octobre" sur le thème du "travail décent". François Chérèque a également prévu des "suites" au mouvement, "après l'été, quand les salariés se rendront compte".
"Fillon et Bertrand mentent"
Outre le nombre de manifestants, celui des grévistes était également faible ce mardi. "Environ 7%" à la SNCF, selon Guillaume Pepy ; 2,8% dans les trois Fonctions publiques, et 3,5% dans la seule Fonction publique d'Etat, selon le ministère ; 2,68% pour l'ensemble des enseignants et personnels du primaire et du secondaire.
Depuis dimanche, les responsables de la CGT et de la CFDT accusaient chacun à leur tour le gouvernement de mensonge sur le dossier des 35 heures. "François Fillon et Xavier Bertrand mentent lorsqu'ils affirment que les salariés pourront choisir de conserver les 35 heures hebdomadaires" a déclaré Bernard Thibault dimanche en estimant que le gouvernement veut "prendre une revanche idéologique". Lundi, François Chérèque a vivement dénoncé "l'opération séduction" du gouvernement "vis-à-vis de sa majorité" en qualifiant de "faute politique grave" la décision du gouvernement de rédiger un projet de loi sur le temps de travail qui va beaucoup plus loin que l'accord auquel étaient parvenus les partenaires sociaux. "La confiance sera difficile à revenir" a prévenu François Chérèque, selon lequel la CGT et la CFDT font figure de "victimes politiques". Il a par ailleurs accusé le ministre du Travail Xavier Bertrand de "laisser pourrir" le sujet des retraites.
Mais la détermination du gouvernement, qui a répété qu'il ne reculerait pas sur les questions liées aux retraites et à l'assouplissement des 35 heures, semble bien réelle. "Le gouvernement est déterminé et aura le courage d'aller jusqu'au bout", a rappelé le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez. A l'Assemblée nationale, l'opposition s'est de son côté déchaîné contre le projet, les socialistes dénonçant un retour "à 1919 et à la semaine de 48 heures". Le groupe socialiste recevra la semaine prochaine les chefs de file de la CFDT et de la CGT pour "élaborer une contre-attaque".
D'après agences
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