Bernard Thibault s'exprimant après les voeux de Nicolas Sarkozy aux "forces vives" (17 janvier 2008) © TF1/LCILe leader de la CGT, Bernard Thibault, estime, dans le Journal du Dimanche, que le Premier ministre François Fillon et le ministre du Travail Xavier Bertrand "mentent" en affirmant permettre aux salariés de rester aux 35 heures. Le secrétaire général de la CGT reconnaît que "la division syndicale va peser" sur la journée d'action de mardi contre les projets gouvernementaux sur les 35 heures et les retraites, puisque "hormis la CFDT et la CGT, les autres syndicats ne suivent pas". Il espère toutefois "une mobilisation supérieure à celle du 22 mai qui avait déjà rassemblé 700.000 personnes", mais ne redit pas, comme il l'avait fait le 2 juin, qu'il "faudrait un million de manifestants".
"François Fillon et Xavier Bertrand mentent lorsqu'ils affirment que les salariés pourront choisir de conserver les 35 heures hebdomadaires (...) L'extension du travail au forfait (en heures, en jours, mensuel ou annuel), l'instauration de conventions individuelles et les libertés de laisser se fixer unilatéralement les horaires de travail, représentent un risque de régression du droit des salariés sans précédent", estime-t-il. "C'est la loi de la jungle qui va s'installer" et "on va tout faire pour que ce texte ne soit pas adopté", prévient-il. "Nous sommes confrontés à un choix politique qui consiste à prendre une revanche idéologique sur l'acquis des 35 heures et à restreindre le champ de la négociation sociale", juge Bernard Thibault. "Notre démarche est claire: savoir articuler propositions, contestation, mobilisation, négociation. C'est l'attitude du gouvernement qui nous conduit aujourd'hui à privilégier la contestation", ajoute-t-il.
Il juge "scandaleux" que le projet de loi du gouvernement sur le temps de travail et la représentativité syndicale modifie plus de 60 articles du Code du travail et soit susceptible d'être voté "sans aucune concertation", alors que syndicats et patronats s'étaient mis d'accord en janvier sur de nouvelles règles de représentativité et des accords par branches sur le temps de travail, à titre expérimental, moyennant un accord signé par les syndicats majoritaires. "Si le gouvernement confirme qu'il radicalise lui-même son attitude, nous devrons en tenir compte."
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