© TF1/LCIEn janvier dernier, Michel Barnier annonçait un plan d'aide de 310 millions pour les pêcheurs, qui avaient bloqué pendant plusieurs semaines les ports de France pour protester contre la hausse du prix du pétrole. Mais dimanche, la Commission européenne refuse en l'état d'approuver l'un des principaux volets du plan. Le commissaire européen à la Pêche Joe Borg invite en effet Paris à revoir sa copie sur une mesure clé, pour la rendre compatible avec un vaste programme européen d'aides à la restructuration de l'industrie de la pêche, qui a été adopté la semaine dernière.
La mesure controversée prévoit notamment des aides à la restructuration et à la modernisation de la flotte de pêche française, revenant à compenser financièrement la hausse du prix du gazole pour les chalutiers à hauteur de 27 centimes d'euros le litre. Pour la Commission, c'est inacceptable, car cela revient à subventionner le prix du carburant pour les pêcheurs, souligne une source européenne. Une compensation à hauteur de 27 centimes reviendrait à faire payer le prix du litre de gazole autour de 50 centimes (il coûte actuellement près de 80 centimes d'euro sur le marché), ce qui était précisément la principale revendication des pêcheurs français lors de leurs actions de protestation en mai et juin. Si cette mesure est "adaptée pour la rendre compatible avec le paquet financier" européen d'aides adopté la semaine dernière, "cela pourrait être la solution pour avoir un feu vert (de la Commission) et pour obtenir la restructuration nécessaire de certains segments de la flotte française", a déclaré Joe Borg.
"Réadapter nos idées par rapport à l'UE"
Côté français, on joue l'apaisement. Le ministère de la Pêche assure qu'il "n'y a pas de remise en cause, ce n'est pas un blocage définitif ni un rejet du plan". "Il y a quatorze mesures qui s'appliquent et une mesure sur laquelle il y a quelques difficultés de mise en oeuvre juridique et technique", précise-t-on au ministère. Concernant cette mesure litigieuse, le ministère "va reprendre les règles qui sont proposées" dans le paquet financier européen d'aides adopté mardi "de manière à proposer quelque chose qui puisse être accepté par Bruxelles", et ainsi "réadapter ces idées par rapport à ce qui est proposé dans le règlement de la Commission cette semaine".
Les réactions ne se sont pas faites attendre. Dans la journée, le président du Comité régional des pêches de Bretagne, André Le Berre, a déploré que "Bruxelles ait choisi la polémique", estimant que la Commission aurait mieux fait de "se renseigner " auprès du ministère français de la Pêche. "Le ministère de la Pêche m'a assuré dimanche que c'était une mauvaise interprétation de la Commission et que des responsables allaient se rendre à Bruxelles pour expliquer ce qu'il en est réellement", a poursuivi le président du Comité régional des pêches de Bretagne.
Un blocage définitif de Bruxelles risquerait de ranimer le mécontentement de la profession. En mai dernier, la Commission européenne avait donné son feu vert seulement de principe au plan d'aide français. Mais un peu plus d'un mois après, les négociations avec les autorités françaises se poursuivent toujours pour la validation de la principale mesure du plan. Rien ne devrait être décidé avant septembre au plus tôt.
D'après agence
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