© TF1/LCIEnviron 200 salariés ont manifesté ce mardi matin à Chateaulin au moment où se déroulait un comité central d'entreprise (CCE) au siège du groupe volailler Doux qui prévoit de fermer deux sites de production, menaçant 650 emplois. A l'initiative des syndicats, les manifestants portaient des tee-shirts aux couleurs du Brésil, un pays où s'est fortement développé Doux ces dernières années. "Le Brésil vit et le Breizh (la Bretagne) meurt", pouvait-on lire imprimé en vert sur les tee-shirts jaunes portés par les manifestants qui s'étaient également parés de colliers de fleurs multicolores et de sombreros, au son de la samba.
"Lorsque Doux s'est installé au Brésil en 1998, il y a créé 4.000 emplois. Dix ans plus tard, il y en a 8.000 alors que, dans le même temps, le groupe a supprimé 13 sites en France", sans compter les deux sites menacés dans le Cher et le Morbihan, a expliqué Raymond Gouiffes, délégué CGT.
Le CCE de Doux, qui emploie 13.000 salariés dont près de 8.000 à l'étranger, devait étudier les conséquences sociales de l'arrêt d'activité à Locminé (production de dindes, 451 emplois dans le Morbihan) et à Châtelet (poulets, 154 dans le Cher) ainsi qu'à Pleucadeuc (abattage de canards, 62 dans le Morbihan). Le groupe breton, contrôlé à 80% par la famille Doux, a subi une perte de 35,3 millions d'euros en 2007.
Lundi, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait assuré que l'Etat assumerait « toutes ses responsabilités. Les salariés ne sont et ne seront pas seuls", a-t-il assuré après avoir reçu
séparément deux délégations de salariés de la filière avicole, l'une du groupe Doux, l'autre de l'usine Dandy (Unicopa).
M. Bertrand a assuré les salariés qu'il transmettrait un message d'"urgence" à son collègue Michel Barnier, ministre de l'Agriculture. Cette annonce n'a pas franchement rassuré Christiane Le Gouesde, déléguée centrale CFDT chez Doux : "On a l'impression que le ministre n'a pas beaucoup de marge de manœuvre."
Michel Le Guellaud, délégué central CGT, de l'usine Doux de Pleucadeuc, résume le sentiment général : "On a l'impression d'être plus dans le plan de reclassement que dans le maintien des activités."
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