Aide aux transports : Fillon tance le Medef

Par D'après agences, le 25 août 2008 à 11h02 , mis à jour le 25 août 2008 à 22h12

En réponse aux "réserves" de Laurence Parisot, le Premier ministre rappelle que "le principe d'une participation de l'entreprise" ne peut pas être "remis en cause".

Fillon © DR

Le patronat ne veut pas en entendre parler, elle devrait donc se faire dans la douleur mais le gouvernement ne renonce pas. Le ministre du Budget, Eric Woerth, a réaffirmé lundi sur Europe 1 que les modalités concernant l'aide au transport pour les salariés seraient décidées au "courant du mois de septembre" pour intégrer cette mesure au projet de loi de finances 2009. Et à son tour, François Fillon a confirmé la mise en place d'un "dispositif". "Les partenaires sociaux ont eu tout l'été pour proposer quelque chose d'intelligent. J'attends qu'avant le 15 septembre ils le fassent, et s'ils ne le font pas, on mettra en place un dispositif", a-t-il dit.

"Je rappelle quand même que le dispositif existait, qu'il avait été mis en oeuvre, simplement il ne fonctionnait pas. Il avait été créé et le patronat comme les organisations syndicales l'avaient accepté", a poursuivi le chef du gouvernement, dans une allusion au "chèque transport" lancé en février 2007. "Ce qu'on veut changer, ce sont les modalités de mise en oeuvre de ce dispositif, c'est-à-dire qu'on ne veut plus d'un chèque, on veut qu'il soit sur la fiche de paye du salarié", a-t-il rappelé. "Mais le principe lui-même d'une participation de l'entreprise aux frais de transport du salarié, qui existe déjà dans les entreprises de certaines régions, notamment d'Ile-de-France, est un principe qui existait et que nous ne pouvons pas remettre en cause", a-t-il ajouté, en réponse aux réticences émises dimanche par Laurence Parisot (lire plus bas).

"Je vois que le Medef a un peu de mal"
 
Pour ce faire, "il y a plusieurs voies", a expliqué pour sa part Eric Woerth, comme "la possibilité d'exonérer de charges sociales les prises en charge par les entreprises des frais de transports, frais de transports  collectifs (...) ou frais de transport dans certaines conditions de sa voiture". Le ministre du Budget  a confirmé que le gouvernement avait donné jusqu'au 15 septembre aux partenaires sociaux pour faire des propositions sur cette aide destinée aux salariés confrontés au coût du trajet domicile-travail.
 
Mais les négociations n'ont pas commencé... "Je vois que c'est difficile. Je vois que le Medef a un peu de mal à réunir l'ensemble des partenaires sociaux sur ce sujet, c'est comme ça", a-t-il regretté. Mais "on l'a indiqué, on le fera", a-t-il souligné. Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a demandé lundi au gouvernement, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui, de mettre en application "dès maintenant" sa proposition d'aide au transport, la présidente du Medef s'étant pour sa part déclaré dimanche "très réservée" sur une prise en charge par les entreprises, dans un entretien au JDD.
 
La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a confirmé lundi son accord pour entamer des discussions, tout en affirmant que l'Etat doit "assumer financièrement le poids de ses décisions". Et pour Laurence Parisot, de deux choses l'une : "ou il s'agit d'un complément de salaire et il faut en discuter au niveau de l'entreprise, voire de la branche. Ou c'est une aide sociale pour tous et elle est prise en charge par l'Etat". "Attention à ne pas passer de l'échec de l'Etat providence au fantasme de l'entreprise providence", prévient la présidente du Medef, à quelques jours de l'ouverture de son université d'été. Sans donner de date sur une application de la mesure, Eric Woerth reste confiant : "j'imagine que ce sera une des mesures du projet de loi de finances 2009".

Par D'après agences le 25 août 2008 à 11:02
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9 Commentaires

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  • Anne, le 25/08/2008 à 16h09

    à Jacques de Metz : viens habiter à Paris/région parisienne et tu verras si tu n'es pas obligé d'habiter à un endroit "précis" comme tu dis. Crois-tu qu'on puisse choisir où habiter dans la région la plus chère de France ? on fait ce qu'on peut, pas ce qu'on veut.

  • Jmfre, le 25/08/2008 à 15h29

    J'ai du mal à comprendre le raisonnement de bbz à propos des frais réels : il suffit de déclarer l'aide au transport dans vos revenus et rien ne vous empêche ensuite de déduire vos frais réels selon le barême kilométrique fixé par les impôts..

  • Bruno, le 25/08/2008 à 15h19

    Les gendarme eux sont logés et en plus percoivent une prime de casernement ! Logerment gratuit plus allocations en quelque sorte mais cela ne gêne personne plus facile de traiter le petit ouvrier a 1000 euros d'assisté que les gendarmes ! Les Francais sont des hypocrites de premiere !

  • Remi, le 25/08/2008 à 15h16

    Et qui va faire greve ensuite parce-que les entreprises fuient la France? Aquand leur demander de payer les petits-dejeuners parce-que le pain augmente? Au fait, 'l'UMP" est un partit de gauche j'imagine d'apres toutes ses actions purement sociales de ces derniers mois?

  • BBZ, le 25/08/2008 à 13h35

    J'utilise ma voiture pour aller au travail 70 kms par jour pas de transports collectifs dans mes horaires Pour mes impôts je suis en frais réel Si mon entreprise m'aide pour mes frais de transport je pense que l'état va me refuser la déduction des frais réels sur mes impôts Malin, malin, ?????..... notre gouvernement Je donne d'une main pour reprendre d'une autre Alors français en frais réel faites très très attention avant d'accepter une petite aide pour les transports. BBZ

  • Christophe, le 25/08/2008 à 13h06

    Et maintenant les salariés sous perfusion ! je ne vois pas comment l'état pourra contrôler cette aide. Il va y avoir du truandage, ça va encore enerver une certaine catégorie de français de dire que ça profite à certain et pas à d'autre !

  • Jacques, le 25/08/2008 à 12h28

    Je ne vois aucune raison à ce que ce soit les entreprises qui prennent en charge une partie des frais de transport domicile travail. D'une part, nul n'oblige personne à résider à un endroit précis. D'autre part la possibilité de se mettre aux frais réels en matière d'impôts permet à beaucoup d'être non imposable, avec tous les avantages qui en découlent. A moins que ce soit précisément ce dernier point que l'Etat veuille faire disparaître.

  • Tof, le 25/08/2008 à 11h45

    Pourquoi encore une aide et une usine a gaz? L'augmentation des frais de transport est certes une réalité douloureuse pour les salariés (dont je fais partie), mais ce n'est qu'un élément parmi d'autres, qui est comptabilisé dans l'inflation, et qui conduit à une perte du pouvoir d'achat. Alors pour faire simple, il faut que celà soit traité au niveau des entreprises, qui doivent gèrer l'augmentation de leur masse salariale en fonction notamment de la hausse du cout de la vie. Une aide par ci, une aide par là, des exonérations de charges alors qu'on cherche par ailleurs à élargir l'assiette des cotaisations sociales, c'est encore du bricolage qui va conduire à une usine à gaz!

  • Jean Bonnot, le 25/08/2008 à 11h30

    L'Etat fauché fait financer ses mesures "sociales" par les entreprises. Que va faire le même Etat pour ses millions de fonctionnaires ?

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