Nicolas Sarkozy en Irlande (21 juillet 2008) © TF1/LCIFrançois Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, publie au mois de septembre un livre qui pourrait contenir d'inattendus révélations. Selon certains extraits publiés par l'Express, Nicolas Sarkozy a envisagé une loi d'amnistie pour les bénéficiaires des financements occultes du patronat de la métallurgie UIMM. Dans cet ouvrage intitulé Si on me cherche (Albin Michel), François Chérèque évoque différentes conversations avec le chef de l'Etat, notamment en avril 2004 sur la privatisation partielle d'EDF-GDF, mais aussi, le 26 octobre 2007, un mois après la révélation d'importants retraits d'argent liquide sur des comptes de l'UIMM entre 2000 et 2007, dossier pour lequel l'enquête est toujours en cours alors que neuf personnes sont mises en examen.
Lors de ces rencontres, écrit François Chérèque, Nicolas Sarkozy "me dit : Bien entendu, il faudra en passer par une loi d'amnistie, comme ça a été le cas pour les hommes politiques avant la loi sur le financement public des partis". François Chérèque comprend alors que le président de la République "lui tend la perche au cas où la CFDT aurait pu déraper". Le leader CFDT "imagine aussi" que Nicolas Sarkozy "ne doit pas être sans savoir que cette caisse de l'UIMM a servi à rémunérer des hommes politiques pour bons et loyaux services". Le conseiller social du président Raymond Soubie, présent lors de l'entretien, enfonce le clou et laisse entendre que le nom d'un militant de la CFDT pourrait apparaître dans l'affaire.
Petits deals entre amis
Le secrétaire général de la CFDT, "choqué", raconte avoir "estomaqué" ses deux interlocuteurs élyséens en répondant que pour lui, "une amnistie était évidemment impensable" et même "si par malheur il y avait eu des dérives individuelles, la justice passerait". De son côté, l'Elysée dément. "Il n'y a jamais eu ni projet, ni intention de loi d'amnistie", indique-t-on à la présidence, sans autre précision.
Dans le livre, François Chérèque égratigne aussi la fédération CGT de l'énergie en affirmant qu'elle accepté "un deal" avec Nicolas Sarkozy sur la privatisation partielle d'EDF-GDF que lui même avait refusé. Nicolas Sarkozy était alors ministre des Finances et il proposait, selon François Chérèque, à la CFDT, de "s'entendre sur l'ouverture du capital" du groupe public. Tutoyant le leader de la CFDT, surpris de ce ton familier, et l'appelant "François", Nicolas Sarkozy lui avait expliqué que "la CFDT pourrait lui demander ce qu'elle voulait, en échange d'un soutien sur ce dossier", sous-entendu des efforts en termes de salaire et de statut pour les salariés d'EDF-GDF, rapporte François Chérèque. "Ce deal qu'il me proposait en 2004, il a fini par le passer avec la fédération CGT de l'énergie dont il tutoie le leader", affirme François Chérèque.
(Avec agence)
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