Image d'archives © TF1Choix juste et équitable pour certains, solution la moins mauvaise - voire la pire - pour d'autres: le financement du revenu de solidarité active par la taxation du capital sème de trouble chez les éditorialistes, ce vendredi. Yves de Kerdrel, dans Le Figaro, est vent debout contre la mesure annoncée par Nicolas Sarkozy. "Gribouille, qui se cachait dans un ruisseau pour ne pas être mouillé par la pluie, n'aurait pas fait pire", s'insurge l'éditorialiste, qui estime que taxer le capital, c'est "taxer les classes moyennes".
Guillaume Goubert dans La Croix partage ce dernier avis, mais le nuance en considérant que la décision du président français "met le capital au service du travail. C'est si rare par les temps qui courent. Comment ne pas s'en réjouir ?" Maurice Ulrich, dans L'Humanité, à l'instar de son confrère du Figaro, ne s'en réjouit pas du tout. Car pour lui, la "logique profonde" du RSA, "c'est la création d'une couche nouvelle de travailleurs échappant au droit du travail, dépendant du bon vouloir ou du bon coeur des employeurs, dans un entre-deux permanent entre l'allocation de solidarité et un semblant de salaire, dans un entre-deux entre la pauvreté sans travail et la pauvreté avec."
"Il eut fallu aussi toucher les plus riches"
Laurent Joffrin, dans Libération, ne partage pas cette analyse. "Sauf à pratiquer l'opposition de Pavlov, il n'y a pas lieu de barguigner sur l'intérêt du revenu de solidarité active", écrit-il. "Certes, il eut fallu aussi toucher les plus riches, aujourd'hui protégés par leur bouclier fiscal. Mais enfin... Il suffit d'écouter les couinements émis par le Medef et la droite libérale pour se convaincre du caractère équitable du prélèvement." Le Monde est sur la même longueur d'onde, en estimant que la taxation du capital est "un choix juste et habile. (...) Alors que les revenus du travail sont plus taxés que ceux du capital, il s'agit d'une mesure d'équité qui permettra la généralisation du RSA". Et le journal du soir de souligner le "mérite de M. Sarkozy d'être, sur ce dossier, à contre-courant de son camp".
En écho, Daniel Ruiz, dans La Montagne, note lui aussi que Nicolas Sarkozy est "à contre-courant de ses troupes", tout en soufflant à la gauche, comme l'écrit Erwan Quéré dans L'Alsace, "le monopole du coeur". Paul Burel, dans Ouest-France, ne voit dans tout cela ni habileté ni équité. Pour lui, Nicolas Sarkozy a juste été "condamné, sous l'habillage du réalisme, à bricoler" et "à trancher (...) entre une mauvaise solution, celle de l'impôt qu'il a choisie, et une très mauvaise solution, celle du détricotage de la prime pour l'emploi qu'il a rejetée".
D'après agence
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