General Motors pourrait vendre son usine de Strasbourg

le 30 août 2008 à 12h26 , mis à jour le 30 août 2008 à 12h42

Le constructeur automobile envisage de vendre son usine de Strasbourg qui emploie 1.260 personnes et produit des boîtes de vitesse automatiques. Les syndicats en colère, affirment avoir reçu un véritable "coup de massue."

General MotorsGeneral Motors © TF1/LCI

L'inquiétude est palpable dans l'usine General Motors de Strasbourg. Vendredi, le constructeur automobile a annoncé qu'il menait une "étude stratégique" en vue "d'une possible vente" de son usine de boîtes de vitesses de Strasbourg. "Un comité d'entreprise a été réuni" et "l'ensemble des salariés ont été informés du fait que GM voulait mener une étude stratégique" sur le site de Strasbourg a expliqué une porte parole, tout en soulignant qu'"aucune décision" n'avait été encore prise.  "GM Strasbourg n'est pas une action isolée (...) D'autres sites dans le  monde vont faire l'objet d'études similaires", a-t-elle ajouté, indiquant que "toute évolution de ce dossier va faire l'objet d'une information très  régulière" avec des réunions du comité d'entreprise.
 
L'usine de Strasbourg, la seule de GM en France, emploie 1.260 salariés.  Elle a produit plus de 336.000 boîtes de vitesses automatiques en 2007. GM avait annoncé début 2008 son intention de procéder à une évaluation  globale de ses actifs avec pour objectif la vente éventuelle de certains d'entre  eux, a expliqué la porte-parole, précisant que ces cessions d'actifs pourraient  générer de 2 à 4 milliards de dollars de liquidités.
 
"Difficile à avaler"
 
Du côté des syndicats, l'annonce a fait l'effet d'un "coup de massue". "C'est scandaleux, honteux, c'est un véritable coup de massue", a protesté Roland Robert, délégué syndical CGT, joint par l'AFP. "On nous demande de tout accepter, les licenciements, les cadences, la  flexibilité en nous disant qu'on est sauvés et voilà ce qu'on nous annonce", a-t-il ajouté, assurant que son organisation entendait désormais "tout mettre en oeuvre pour faire bouger les salariés". "Ils veulent dégager du cash en vendant des unités de production comme Strasbourg pour se renflouer et investir en Europe de l'Est, par exemple en  Ouzbékistan, en Ukraine et en Russie", avance Jean-Marc Ruhland, délégué CFDT.
 
"C'est désastreux, tous les syndicats sont retournés (...) Je pense que les  salariés, dont certains sont là depuis 30 ans, vont très mal le prendre", commente Emmanuelle Schwartz, déléguée CFTC, qui confie qu'elle ne s'attendait pas "à ça après le plan de départs volontaires de juin dernier" au cour duquel le site a vu ses effectifs fondre de 168 postes. "On est tous sous le choc, c'est vraiment difficile à avaler", réagit Jorge Ruivo, délégué FO qui estime pour sa part qu'une décision définitive quant à la  vente du site pourrait être prise "avant la fin de l'année".
 
Restructuration
 
Le premier constructeur automobile américain, qui a creusé ses pertes à 15,5  milliards de dollars au deuxième trimestre et annoncé en juillet un plan d'économies en interne de 10 milliards de dollars, a indiqué début août qu'il  prévoyait de dépenser 900 millions de dollars ces prochaines années au titre de la réduction prévue de ses capacités nord-américaines.
 
Le groupe évalue par ailleurs à 300 millions de dollars le coût du programme  de départs volontaires qu'il a proposé cette année à ses cols blancs, afin d'en  réduire les effectifs de 20%. En restructuration depuis fin 2005, GM a multiplié les initiatives depuis  juin, entre fermetures de sites dédiés à la production de 4x4, changements à  marche forcée dans la production pour gonfler les volumes de modèles compacts et économes en carburant, ou encore plans de départs volontaires.

(D'après agence)

le 30 août 2008 à 12:26
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3 Commentaires

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  • Beancenot, le 30/08/2008 à 17h54

    On n'aurait jamais du laisser General Motors installer cette usine en France. Si tel avait été le cas, on n'aurait pas à en supporter aujourd'hui la vente et sans doute la fermeture. Nous allons payer à présent les erreurs du passé. Il faut se résoudre à refuser systématiquement les investissements étrangers sur notre sol, car ils ne sont jamais définitifs. Mieux vaut crever que travailler au service du capitalisme internationnal.

  • Bruno, le 30/08/2008 à 16h22

    C'est triste, mais ce n'est pas la fin. Aprés une trés grande restructuration du groupe DELPHI (initialement GM) , GM ferme ses usines en France pour voir en Asie (l'EST n'est plus compétitif).Chez DELPHI aprés des PSE pour sauver les sites avec à chaque fois la même promesse , on ferme les usines quand celles d'Asie sont en production. Aucun sentiments.

  • Jean, le 30/08/2008 à 14h37

    Aux syndicats qui disent que c est scandaleux , la reponse sest saine : GM vend de moins en moins de vehicules et perd de plus en plus d argent ... où est le scandale de maintenir des usines quand on perd beaucoup d argent de facon recurrente...sur le plan humain ce n est pas agreable mais cela semble un choix logique et... par ailleurs il ne sagit pas de cesser des activités mais simplement de vendre à une autre entreprise son usine, vive le conservatisme francais à l extreme ;)

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