Image d'archives © TF1Suivez en direct sur LCI.fr, jeudi à partir de 12 heures 15, le discours de Nicolas Sarkozy à Laval sur le thème de la généralisation du revenu de solidarité.
Expérimenté dans 34 départements sous une forme limitée, le Revenu de solidarité active (RSA), qui doit permettre de cumuler de faibles revenus issus d'un travail avec une allocation de solidarité, doit être examiné "en urgence" par le Parlement lors de la session extraordinaire qui s'ouvre le 22 septembre. Sa généralisation a déjà fait l'objet de nombreux débats au sein du gouvernement en raison de son coût, au point que Martin Hirsch s'était publiquement inquiété fin juillet d'éventuels retards de son entrée en vigueur.
Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, principal collaborateur du chef de l'Etat, a répété dimanche que le RSA serait généralisé "sur l'ensemble du territoire en 2009" et serait doté d'un financement supplémentaire de 1,5 milliard d'euros "en année pleine". Pour sa part, Nicolas Sarkozy placera jeudi son déplacement à Laval sous le signe du RSA. Accompagné de Martin Hirsch, il doit notamment participer à une réunion de travail au conseil général de la Mayenne consacrée à l'expérimentation du RSA dans ce département, avant un discours à la mi-journée au cours duquel il compte, s'il faut en croire Les Echos, lancer "un message politique fort" en annonçant qu'il veut "mettre à contribution les revenus du patrimoine (revenus fonciers...) et de placement (dividendes, assurance-vie, etc...)" pour financer le Revenu de solidarité active.
Recettes attendues : 1,4 milliards d'euros
Cette contribution se ferait par le biais d'un "nouveau prélèvement de 1%", annonce le quotidien économique. "La recette de cette contribution additionnelle, qui s'ajoutera aux 11% de prélèvements sociaux existants (CSG, CRDS, contribution de 2%, cotisation solidarité autonomie de 0,3%) et qui touchera les revenus perçus en 2009 serait proche de 1,4 milliards d'euros".
Le quotidien économique souligne que la prime pour l'emploi "sera simplement gelée en 2009", ceci alors que "la gauche avait ciblé ses attaques sur le recyclage, envisagé par l'exécutif, des crédits de la PPE pour financer le nouveau dispositif". Les Echos précisent également que "les nouvelles sources de financement devraient permettre un taux de cumul de 62 % entre les revenus de la solidarité et les revenus d'activité".
"La capacité de Nicolas Sarkozy à se renier est immense"
Cette annonce a suscité de vives réactions. Alain Lambert, ancien ministre délégué au Budget et membre (UMP) de la commission des Finances du Sénat, s'est déclaré "dubitatif". Interrogé sur France Inter, il a affirmé : le RSA est "une bonne mesure parce qu'elle vise à sortir les gens de l'assistance", mais "dans le montant considérable des dépenses sociales françaises, si nous avions fait le ménage, il est probable que nous aurions pu en interne trouver les ressources nécessaires pour le financer". Toujours à l'UMP, Dominique Paillé, l'un des porte-parole du parti, a tenté de couper court aux critiques en affirmant : "Le RSA est un bon moyen pour ceux qui sont en difficulté et en situation de précarité de retrouver la voie d'un emploi durable et stable et par conséquent ça mérite un effort de solidarité de tous." Chantal Brunel, également porte-parole de l'UMP, a tenu à apporter une certaine nuance en déclarant : taxer les revenus du capital pour financer le RSA n'est "ni une facilité ni un plaisir" pas plus qu'une "fin en soi" mais "un moyen".
Du côté du Parti socialiste, François Hollande a jugé la mesure "légitime". Le Premier secrétaire du PS a néanmoins ironisé sur le changement de pied de Nicolas Sarkozy qui "n'est pas à l'abri de changement". "Hier il voulait prendre sur les bénéficiaires de la PPE, aujourd'hui sur ceux du patrimoine. Sur le plan du changement, de la mobilité et de la capacité à rogner ses engagements il est le meilleur d'entre nous", a-t-il déclaré sur RTL. Plus critique, Jean-Louis Tourenne, président PS du Conseil général d'Ille-et-Vilaine, a fait remarquer que la mesure touchera les classes moyennes et les personnes modestes mais pas les riches, protégés, dit-il, par le bouclier fiscal. De son côté, la présidente du Medef Laurence Parisot s'est interrogée sur l'opportunité d'une taxe "en plus" pour financer la "bonne idée" qu'est le Revenu de solidarité active. "Une taxe en plus, c'est des entreprises en difficulté, voire en dépôt de bilan en plus", a-t-elle déclaré lors de l'université d'été du Medef.
D'après agence
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