Sarkozy promet "aussi de l'argent pour le bas"

le 28 août 2008 à 13h08 , mis à jour le 28 août 2008 à 19h07

Le chef de l'Etat a confirmé jeudi qu'une taxation supplémentaire de 1,1% des revenus du capital serait mise en place pour financer le RSA.

sarkozy élyséeNicolas Sarkozy en Mayenne le 28 août 2008 © TF1/LCI

LCI picto cliquez regardez
> Sarkozy : contre l'exclusion, "chacun doit contribuer"
> Martin Hirsch : "avec le RSA, on équilibre les droits et les devoirs"
 

Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi en Mayenne qu'une taxation supplémentaire de 1,1% des revenus du capital serait mise en place pour financer le surcoût de la généralisation du Revenu de solidarité active, le RSA, déjà expérimenté dans 34 départements et qui sera généralisé le 1er juillet 2009. "L'Etat prendra ses responsabilités. Ce ne sont pas les déficits qui financeront la réforme", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'un discours prononcé à Changé, dans la banlieue de Laval. "Je financerai ce nouveau RSA en créant une surtaxe d'1,1 point à la contribution de sociale de 2% sur les revenus du patrimoine et de placements", a-t-il précisé, ajoutant qu'il estime "normal, dans un effort de solidarité, que chacun contribue à sortir plus de 3 millions de nos compatriotes de la pauvreté ou de l'exclusion".

"Dans un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, dans un contexte où l'on explique aux salariés de tant d'entreprises qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu'au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n'est quand même pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis et des plus exclus", a estimé le chef de l'Etat. "S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l'argent pour le bas, pour soutenir le revenu de ceux qui font l'effort de se lever chaque matin. J'assume", a-t-il insisté. Nicolas Sarkozy a également écarté les critiques dont fait l'objet le mode de financement qu'il propose pour le RSA, invitant sa majorité à "se saisir du problème de l'insertion, sinon elle se caricature".

12 millions de contrats d'assurance vie

Ce nouveau dispositif, qui devrait bénéficier à 3,7 millions de ménages, est destiné à remplacer le RMI et l'Allocation de parent isolé en permettant un cumul partiel des revenus du travail et de solidarité. "Toute personne qui reprend un travail verra ses ressources augmenter. C'est un engagement (...) personne ne perdra un centime quand il passera de l'assistanat au travail", a lancé le chef de l'Etat. Le taux de cumul entre les revenus de solidarité et du travail a été fixé à 62% du salaire. "Concrètement, si quelqu'un qui touchait 100 euros de RMI reprend un travail payé 100 euros, il pourra rajouter à son salaire une part de 38 euros de son ancienne allocation", fait-on valoir à l'Elysée. Et pour financer ce dispositif, les revenus du capital, jusque-là taxés à 11%, le seront désormais à hauteur de 12,1%, ce qui devrait permettre de financer l'intégralité du 1,5 milliard de crédits supplémentaires, en année pleine, destiné au RSA.

La quasi-totalité des revenus du capital seront concernés par la future taxe, des assurances-vie aux actions en passant par les revenus fonciers. Ce qui implique que cette taxe touchera un nombre significatif de foyers. Ainsi, douze millions de personnes sont titulaires d'un contrat d'assurance vie, selon la Fédération française des sociétés d'assurance. En ce qui concerne les actions, un Français sur six en détenait en 2004, selon l'Insee. En ce qui concerne les revenus fonciers, ils concernent quatre millions de foyers, selon les déclarations de revenus de 2002 déposées en 2003.

Des effets sur la reprise d'emploi encore incertains

L'action du revenu de solidarité active sur la réduction de la pauvreté ne fait "aucun doute" mais ses effets incitatifs pour la reprise d'emploi sont encore incertains, a déclaré jeudi le président du comité d'évaluation du RSA, François Bourguignon, dans un entretien aux Echos. Les premières expérimentations du RSA montrent "un taux de reprise d'emploi plus élevé" mais "l'intervalle de confiance", c'est-à-dire l'incertitude, "reste important", a-t-il expliqué. L'ancien chef économiste de la Banque mondiale regrette ainsi que le RSA soit généralisé avant la fin des travaux d'évaluation.

(D'après agence)

le 28 août 2008 à 13:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Melodie, le 28/08/2008 à 22h35

    Je vais chercher un autre pays pour la retraite la france me degoute et tous ses "nantis" de gauche et de droite en contrat d ' avenir qui se termine prochainement et a 52 ans bientot l' anpe a recu des ordres de ne pas aller au dela de 2annees ,mon patron est furax . qu est ce que je fait apres je m' immole devant l 'elysee ? je vais faire un proces a l' etat pour non assistance a personne !

  • Camillo, le 28/08/2008 à 22h29

    Nouvel exemple de l'incapacite des elus de ce pays pour trouver de vrais solutions. Il est beaucoup plus simple de creer de nouveaux impots que de gerer aux mieux les deniers publics. La solidarite a des limites, pourquoi economiser pour sa retraite et se voir allegrement ponctionner par un etat qui n'a plus de limite. Pas etonnant de voir des concitoyens quitter le pays avec bagages et capitaux.Que chacun reflechisse et agisse. Sarkoland le pays des illusions perdus et future contre sous developpee.Malgre ce il faut aller jusqu'au bout de l'experience.

  • Seniore, le 28/08/2008 à 21h42

    Bientôt j'aurai 60 ans et je suis divorcée depuis 9 ans, j'ai une fille de 19 ans, étudiante. Mes seuls revenus sont les loyers de 2 studios. J'ai une assurance-vie, un placement qui va très mal dernièrement (!!!), je peux dire depuis le début: février 2000. C'est un placement lié à un prêt bancaire: un prêt "in fine", prêt qui, si la bourse continua comme ça je ne pourrai même pas restituer à la banque en 2015. Merci M. Sarkozy de vouloir faire les prélèvements aux seuls revenus que j'ai et à mon assurance-vie. Quand cela sera fait j'aurai besoin moi-même de la RSA. Sincèrement, je ne pense pas d'être le seul cas de ce genre: pourquoi ne mettez-vous pas de barèmes pour faire payer les foyers fiscales les plus puissants?

  • Laure, le 28/08/2008 à 18h03

    C'est purement scandaleux de pomper encore les ménages qui étouffent déja;De toute façon,depuis son élection,il ne fait que ça;Envolées les promesses électorales,on va droit dans le mur,depuis un an.Flambée des prix,pouvoir d'achat en berne,taxation sur les médicaments,et maintenant l'épargne ;Ben je peux vous dire que la colère des gens monte a la vitesse grand V.

  • Eric, le 28/08/2008 à 17h58

    Dire que c'est au tour du capital de financer n'est pas sérieux, c'est de la démagogie de bas étage. Les contrats d'assurance vie, les locations, les viagers, les dividendes servent notoirement à financer les retraites, d'ou leur augmentation puisqu'il y a de plus en plus de retraités dans le monde développé. Qu'il assume sa nouvelle taxe, dans le second pays le plus taxé dans le monde développé!

  • Marielouise, le 28/08/2008 à 17h55

    C'est très bien, et meme je trouve que le pourcentage pourrait bien etre supérieur voir (5 à 6%) car ces gens là ne ressente pas de difficultés en fin de mois. Je pense qu'il s ne vont m^¨eme pas s'en appercevoir.

  • Nouti, le 28/08/2008 à 17h46

    J'ai voté Sarkozy et le regrette. Ce nouveau prélévement est inadmissible ; une fois de plus les braves gens qui ont économisé quelques sous à la sueur de leur front se font pigeonner ! Que Sarkozy balaye devant sa porte en réduisant les frais dispendieux de l'Etat avant que de donner des leçons et prendre des engagements non tenus. J'ai toujours voté à droite mais suis dégouté ; dorénavant je voterais "blanc" ou plus du tout !

  • Claude, le 28/08/2008 à 17h39

    Pourquoi travailler plus si c'est pour donner ce que l'on peut économiser à ceux qui hélas n'ont pas de travail . Au lieu de leur donner de l'argent , donnons leur nos heures de travail ainsi ils travailleront pour avoir de l'argent .

  • Eric, le 28/08/2008 à 17h37

    Il n'est pas anormal non plus de ne plus voter pour celui qui nous pique les économies acquises à force de privations .Non ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience