© DRPour Silvio Berlusconi, "tout est bien qui finit bien". Le président du Conseil italien s'est bruyamment félicité lundi de la fin des réticences des deux derniers syndicats d'Alitalia qui devaient donner leur accord au plan de reprise. Avia et SDL, représentant le personnel de cabine et le personnel au sol, ont suivi l'exemple des pilotes en retirant leur opposition initiale au projet. Silvio Berlusconi, qui s'était personnellement investi dans le sauvetage de la compagnie italienne, et pour qui la fin d'Alitalia aurait constitué un échec personnel, a également souligné "l'importance absolue d'avoir dans notre pays une compagnie nationale".
Le plan du consortium d'investisseurs italiens CAI prévoit de supprimer plus de 3000 emplois et de ne conserver que les actifs rentables de la compagnie nationale italienne. La CAI a fait savoir que sa priorité serait maintenant de rechercher un partenaire étranger pour renforcer sa compétitivité à long terme. Air France-KLM comme la Lufthansa avaient déjà exprimé leur intérêt à s'associer à une compagnie italienne restructurée ; mais Silvio Berlusconi, qui s'était opposé en avril au projet de rachat d'Alitalia par Air France présenté par le gouvernement de centre gauche, souligne que tout partenaire éventuel devra rester minoritaire.
Des pertes de 3 millions d'euros par jour
La CAI espère désormais relancer la compagnie dans un délai d'un mois environ. Il lui faut encore valoriser les actifs d'Alitalia qu'elle compte mettre en vente, racheter la petite compagnie intérieure italienne Air One qu'elle entend fusionner avec Alitalia, et défendre son plan auprès de Bruxelles.
Toujours détenue à 49,9% par l'Etat, Alitalia, insolvable, a été placée fin août sous administration extraordinaire. La compagnie vit sous perfusion grâce à un prêt de l'Etat de 300 millions d'euros et ses caisses se vident, ce qui, en l'absence d'un plan de sauvetage drastique, la condamnait inéluctablement à la faillite et au licenciement de tous ses salariés. Les premières mesures de chômage technique avaient été prises il y a quelques jours pour plus de 4000 personnes. La compagnie emploie actuellement environ 11.000 salariés.
La dette d'Alitalia, qui perd 3 millions d'euros par jour, est d'environ 1,2 milliard d'euros. Et l'Etat italien, qui a déjà englouti 5 milliards d'euros lors des quinze dernières années dans la compagnie, ne pouvait plus dépenser d'argent public pour la sauver.
D'après agence
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