
La mobilisation a été forte ou moyenne, c'est selon. Mardi soir, la direction de La Poste a annoncé un peu plus d'un gréviste sur quatre postiers, soit 27,3% des employés. Les syndicats ont pour leur part compté 40% de grévistes. "La mobilisation est incontestablement très forte. La participation à la grève est à un des niveaux les plus élevés des journées de mobilisation de la profession", a déclaré Bernard Thibault (CGT), qui participait à la manifestation parisienne des postiers aux côtés de Jacques Voisin (CFTC). Sud-PTT, deuxième syndicat de La Poste après la CGT, voit dans cette journée un "message très clair pour le gouvernement" et un "désaveu" pour le président du groupe Jean-Paul Bailly. Les syndicats ont prévu de se réunir mercredi pour faire le point et la CFDT envisage déjà "de nouvelles actions". Pour FO, il s'agit d'un "coup de semonce réussi", alors que 61% des Français disent ne pas être favorables à un changement de statut de La Poste selon un sondage CSA-L'Humanité.
Une porte-parole de La Poste a précisé que 240 bureaux de poste avaient été fermés, sans être en mesure de signaler d'éventuelles perturbations dans le courrier. Elle a assuré avoir tout mis "en oeuvre pour assurer l'accueil de ses clients et la continuité de service". Mais comme à l'accoutumée, ces annonces de bilans de la grève par La Poste et les syndicats s'est accompagnée de la traditionnelle controverse sur les chiffres. Dès le matin, la CGT avait accusé la direction de minimiser le taux de grévistes : "comme à l'accoutumée lors d'une journée de grève", la direction "calcule bien évidemment le taux de grévistes sur l'ensemble des personnes susceptibles de faire grève, c'est-à-dire les personnes devant travailler ce même jour en France excluant bien entendu les personnels en congés de toute forme (congés maladie, vacances)". La direction s'est bornée à rappeler que les estimations sont communiquées selon les pratiques en vigueur à La Poste depuis de nombreuses années.
"Le gouvernement n'a pas tranché"
Plusieurs milliers de personnes, dont des élus locaux, ont défilé dans toute la France, comme à Paris (1500 selon la police, 3000 selon les syndicats), Nantes (750 à 2000), Toulouse (700 à 2000), Marseille (650 à 1000), Orléans (500 à 1000), Bordeaux (450 à 600), Lyon (300 à 500) et Lille (250). "On veut un vrai salaire, pas des actionnaires !", scandaient les manifestants à Strasbourg. A Paris, des postiers en tenue de travail brandissaient des pancartes : "Postiers nombreux, usagers heureux" et "Aujourd'hui commercial à La Poste, demain trader ?". Dans le cortège parisien, plusieurs responsables politiques avaient pris place, dont Jean-Marc Ayrault (PS), les leaders de LO Arlette Laguiller et de la LCR Olivier Besancenot, lui-même postier, mais aussi Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP).
Le gouvernement, qui planche sur le dossier, a reçu syndicats, associations de consommateurs et élus début septembre, avant que l'Elysée n'annonce la création d'une commission sur l'avenir de La Poste composée d'élus et de responsables syndicaux. Elle sera mise en place dès vendredi, a annoncé mardi le secrétaire d'Etat à l'Industrie et à la Consommation Luc Chatel. Pendant deux mois, ses membres feront des propositions au gouvernement. "Le gouvernement n'a pas tranché et souhaite entendre l'ensemble des avis", précise Luc Chatel. Le projet de changement de statut de La Poste prévoit que l'entreprise publique devienne une société anonyme dès janvier 2010 puis qu'elle ouvre son capital un an plus tard afin de lever des fonds. Selon un sondage CSA publié mardi par L'Humanité, 61% des Français disent ne pas être favorables à un changement de statut de La Poste.
D'après agence
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