Lagarde sèche la réunion de crise sur le chômage

le 29 septembre 2008 à 05h45 , mis à jour le 29 septembre 2008 à 17h26

Avant la publication officielle du nombre des inscriptions de demandeurs d'emploi à l'ANPE, une réunion de crise se tiendra lundi à Bercy, mais sans la ministre de l'Economie.

lagarde politique économieChristine Lagarde, le 11 septembre 2007 © TF1/LCI

On le sait déjà : les chiffres seront mauvais. Très mauvais. En fait, la progression du nombre d'inscriptions de demandeurs d'emploi à l'ANPE devrait être la plus forte depuis 1993. Après les premières indiscrétions du site Rue89, le secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez, vendredi sur RMC, a tenté de préparer le terrain en confirmant la fourchette de "30.000 à 40.000 chômeurs de plus" en août. Officiellement toutefois, les chiffres de l'ANPE (à ne pas confondre avec le taux de chômage, publié trimestriellement depuis la polémique sur le manque de fiabilité des données ANPE) doivent être diffusés ce lundi à 19 heures. 

Un peu avant l'annonce de ces résultats, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez devaient se retrouver à Bercy pour un tour de table avec les acteurs du service public de l'emploi. La ministre de l'Economie ne sera toutefois pas présente, celle-ci devant préparer la rencontre, mardi, entre Nicolas Sarkozy et les principaux banquiers et assureurs. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez animera donc seule cette réunion de crise, qui vise à "renforcer la mobilisation de l'ensemble des acteurs de la lutte contre le chômage". 

Plus de chômeurs inscrits, moins de budget pour l'emploi

Outre la hausse attendue des inscriptions à l'ANPE, les prévisions du gouvernement montrent un effondrement spectaculaire de la création d'emplois salariés marchands (hors agriculture), un chiffre pratiquement divisé par dix cette année, passant de 310.000 en 2007 à 34.000 en 2008. La croissance devrait être comprise dans une fourchette de 1% à 1,5%, le déficit, creusé en 2008 par rapport aux prévisions, devrait s'accentuer en 2009 à 52,1 milliards, la dette atteignant pour sa part les 66% du PIB. Autant de données que la crise financière partie des Etats-Unis aggravera, de l'aveu du chef de l'Etat, lors de son discours jeudi dernier à Toulon : elle pèsera "dans les mois qui viennent sur la croissance, le chômage, le pouvoir d'achat" des Français.

En 2009, le gouvernement table sur une "reprise graduelle de l'activité" avec 50.000 créations nettes d'emplois salariés. Insuffisant pour enrayer la brutale reprise du chômage qui, au vu des chiffres, et même en comptant avec le papy-boom, devrait continuer à remonter, après avoir atteint 7,2% de la population active au 2è trimestre 2008. L'objectif de 5% de taux de chômage en 2012 paraît désormais très loin. Et c'est dans ce contexte que le budget des actions de l'Etat en faveur de l'emploi et de la lutte contre le chômage va baisser de 5,2% en 2009, et encore davantage en 2010 (-9,1%). Après 12,480 milliards d'euros en 2008, il reviendra à 11,821 milliards d'euros en 2009 (10,740 milliards en 2010).

Bayrou : La hausse du chômage, c'était "avant la crise"

Le président du MoDem, François Bayrou, a estimé dimanche sur BFM TV, que la hausse du taux de chômage en France a été enregistrée en août, c'est-à-dire "avant la crise" financière internationale. "Pourquoi? Parce que les choix économiques du gouvernement  ont été des mauvaix choix et nous les payons", a-t-il ajouté. Estimant qu'il incombait au Fonds monétaire international et à son directeur général Dominique Strauss-Kahn d'imposer un ordre mondial au système financier,  il a estimé qu'il y a des "propositions nécessaires et urgentes" à faire notamment sur les paradis fiscaux . "Parce que c'est par là que passent un certain nombre de virus qui démolissent la confiance dans le système économique. Que le FMI s'occupe de cela, je trouverais ça très important", a-t-il estimé. "Ca fait un an maintenant que Dominique Strauss-Kahn est en situation de responsabilité, je trouverais bien que l'on passe des paroles aux actes", a  ajouté l'ancien ministre.

D'après agences

le 29 septembre 2008 à 05:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

7 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Gérard, le 29/09/2008 à 11h08

    Aucune réelle mesure pour conforter le pouvoir d'achat, donc moins de dépenses des ménages. Je suis commerçant, et j'ai vu cette année mon chiffre d'affaire fondre de 30%, d'où le licenciement de l'un de mes employés et croyez moi je ne suis pas prêt d'embaucher vu les taxes qui nous asphyxient Rien qu'avec la taxe professionnelle, je pourrais embaucher un temps partiel pour l'année, mais il faut engraisser toutes les couches de l'Etat Français...

  • Zemygale, le 29/09/2008 à 10h49

    Il y a les chomeurs "professionnels" (les parasites qui se contentent de la facilité) qui doivent être sanctionnés et il y a les autres (bien plus nombreux heureusement) qui n'ont pas le choix...si un patron ne veut pas embaucher en France, personne ne l'y oblige actuellement...Mon boss n'embauche presque plus en France, il a ouvert une filiale en Roumanie, une autre en Tunisie ou au Maroc et je crois qu'une 3ème est en préparation dans un autre pays où la main-d'oeuvres est moins chère...nous sommes passés de 300-350 personnes à plus de 600...en prenant l'hypothèse de 10000 SSII en France avec juste 100 salariés dans des filiales en Roumanie ou ailleurs, ça fait 1 000 000 de postes...ramenés en France, ça fait 1 000 000 de chomeurs en moins...mais aucun patron ne joue le jeu puisque l'Etat leur donne le choix entre la carotte et la carotte.

  • Ffrima, le 29/09/2008 à 10h14

    Personnellement, j'attends toujours les réinvestissements qui devaient avoir lieu dans les Pme suite à la diminution d'import due au bouclier fiscal. Ca aurait pu contribuer au redressement de l'économie..

  • Mchd, le 29/09/2008 à 09h23

    Au lieu de repousser la retraite, mettez les anciens au repos et faites travailler les jeunes au lieu de les assister, ce qui ferait certainement moins de fainéants sur terre

  • PATIN Didier, le 29/09/2008 à 09h05

    Le chômage ne redémarre pas, il a toujours exiter seulement nos dirigeants masquaient la vérité, mais arrivé où l'on en est ils ne peuvent plus mentir.

  • Poe, le 29/09/2008 à 07h38

    Elle a bon dos la crise en Amérique , c'est vous monsieur le Président et vous seul qui avait fait éffondrer notre pouvoir d'achat avec toute vos taxes. Quand a ceux à qui vous avez offert un paquet fiscal , ou il est le reinvestissement qu'ils étaient censés faire quand on voit les chiffres.

  • Jean Bonnot, le 29/09/2008 à 06h18

    Ni les ministres en réunion de crise ni l'ANPE n'ont pas la capacité de résoudre les problèmes de chômage. Seuls les entrepreneurs-employeurs en sont capables. Il faut veiller à ne pas les dégoûter d'embaucher.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience