Christine Lagarde, le 11 septembre 2007 © TF1/LCIOn le sait déjà : les chiffres seront mauvais. Très mauvais. En fait, la progression du nombre d'inscriptions de demandeurs d'emploi à l'ANPE devrait être la plus forte depuis 1993. Après les premières indiscrétions du site Rue89, le secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez, vendredi sur RMC, a tenté de préparer le terrain en confirmant la fourchette de "30.000 à 40.000 chômeurs de plus" en août. Officiellement toutefois, les chiffres de l'ANPE (à ne pas confondre avec le taux de chômage, publié trimestriellement depuis la polémique sur le manque de fiabilité des données ANPE) doivent être diffusés ce lundi à 19 heures.
Un peu avant l'annonce de ces résultats, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez devaient se retrouver à Bercy pour un tour de table avec les acteurs du service public de l'emploi. La ministre de l'Economie ne sera toutefois pas présente, celle-ci devant préparer la rencontre, mardi, entre Nicolas Sarkozy et les principaux banquiers et assureurs. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez animera donc seule cette réunion de crise, qui vise à "renforcer la mobilisation de l'ensemble des acteurs de la lutte contre le chômage".
Plus de chômeurs inscrits, moins de budget pour l'emploi
Outre la hausse attendue des inscriptions à l'ANPE, les prévisions du gouvernement montrent un effondrement spectaculaire de la création d'emplois salariés marchands (hors agriculture), un chiffre pratiquement divisé par dix cette année, passant de 310.000 en 2007 à 34.000 en 2008. La croissance devrait être comprise dans une fourchette de 1% à 1,5%, le déficit, creusé en 2008 par rapport aux prévisions, devrait s'accentuer en 2009 à 52,1 milliards, la dette atteignant pour sa part les 66% du PIB. Autant de données que la crise financière partie des Etats-Unis aggravera, de l'aveu du chef de l'Etat, lors de son discours jeudi dernier à Toulon : elle pèsera "dans les mois qui viennent sur la croissance, le chômage, le pouvoir d'achat" des Français.
En 2009, le gouvernement table sur une "reprise graduelle de l'activité" avec 50.000 créations nettes d'emplois salariés. Insuffisant pour enrayer la brutale reprise du chômage qui, au vu des chiffres, et même en comptant avec le papy-boom, devrait continuer à remonter, après avoir atteint 7,2% de la population active au 2è trimestre 2008. L'objectif de 5% de taux de chômage en 2012 paraît désormais très loin. Et c'est dans ce contexte que le budget des actions de l'Etat en faveur de l'emploi et de la lutte contre le chômage va baisser de 5,2% en 2009, et encore davantage en 2010 (-9,1%). Après 12,480 milliards d'euros en 2008, il reviendra à 11,821 milliards d'euros en 2009 (10,740 milliards en 2010).
Bayrou : La hausse du chômage, c'était "avant la crise" |
Le président du MoDem, François Bayrou, a estimé dimanche sur BFM TV, que la hausse du taux de chômage en France a été enregistrée en août, c'est-à-dire "avant la crise" financière internationale. "Pourquoi? Parce que les choix économiques du gouvernement ont été des mauvaix choix et nous les payons", a-t-il ajouté. Estimant qu'il incombait au Fonds monétaire international et à son directeur général Dominique Strauss-Kahn d'imposer un ordre mondial au système financier, il a estimé qu'il y a des "propositions nécessaires et urgentes" à faire notamment sur les paradis fiscaux . "Parce que c'est par là que passent un certain nombre de virus qui démolissent la confiance dans le système économique. Que le FMI s'occupe de cela, je trouverais ça très important", a-t-il estimé. "Ca fait un an maintenant que Dominique Strauss-Kahn est en situation de responsabilité, je trouverais bien que l'on passe des paroles aux actes", a ajouté l'ancien ministre. |
D'après agences
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