Nicolas Sarkozy à Saint-Nazaire © LCI"Je ne laisserai pas tomber les chantiers de l'Atlantique". Vendredi à Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy a clairement confirmé la volonté de l'Etat de prendre pied dans le capital des ex-Chantiers de l'Atlantique, à hauteur de 9%. "Quel est le meilleur témoignage de ma confiance dans l'avenir des chantiers et dans la construction de navires haut de gamme dans notre pays que de prendre une part du capital", a déclaré le président de la République, dont la visite visait à rassurer les salariés après le rachat du groupe norvégien Aker Yards cet été par le sud-coréen STX Shipbuilding.
Evoquant les 25% qu'Alstom pourrait revendre en 2010, Nicolas Sarkozy a assuré que "si Alstom devait partir, c'est l'Etat français qui rachèterait parce que nous voulons être associés à toutes les décisions stratégiques". "Nous allons engager des discussions sur la valorisation" des 9% et "nous allons discuter avec Alstom pour formaliser le droit de préemption", a déclaré le chef de l'Etat.
"Je ne tranche pas, je n'annonce rien"
A Saint Nazaire, le chef de l'Etat a évoqué un rapprochement entre les ex-Chantiers de l'Atlantique et la Direction des constructions navales (DCN), en assurant qu'il faudrait bientôt "en parler". "Est-ce que, durablement, on peut rester avec un chantier qui construit du civil et un chantier qui construit du militaire, c'est un vrai sujet", a déclaré le chef de l'Etat lors de son discours prononcé devant plusieurs centaines de salariés des ex-Chantiers de l'Atlantique. "Je sais très bien que vous n'êtes pas tous d'accord, y compris parmi les organisations syndicales. C'est normal, c'est pas un sujet si simple. Moi je pense qu'il faut qu'on y réfléchisse et qu'on y travaille et qu'on voit dans l'avenir qu'est-ce qu'on fait", a-t-il ajouté. "Je ne tranche pas, je n'annonce rien, je dis simplement qu'il va falloir qu'on en parle", a-t-il toutefois insisté.
Alstom Marine a cédé en 2006 75% de ses parts dans les chantiers au norvégien Aker Yards, avant que STX Shipbuilding ne devienne actionnaire majoritaire du groupe norvégien cet été. Un accord avec STX a cependant été annoncé par le gouvernement qui prendrait 9% du capital des ex-chantiers de l'Atlantique, permettant à l'ensemble Alstom et Etat français d'obtenir une minorité de blocage. "Il y a dans l'accord un engagement à ne pas délocaliser", a assuré Nicolas Sarkozy aux salariés nazairiens. Pour garnir le carnet de commandes de la société, il a également évoqué un marché d'une "dizaine de bateaux que cherche à faire construire l'Arabie saoudite, un milliard de dollars chacun. On va se battre pour que ça vienne ici". Mais malgré ces promesses, la CGT reste inquiète : "Il n'a rien apporté de concret sur la situation économique de l'entreprise. Le risque demeure pour l'avenir du site, même si l'Etat met un demi-pied dans l'entreprise", a regretté son secrétaire général Joël Cadoret.
D'après agence
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