Allocations : les nouvelles obligations des chômeurs © TF1/LCI"Comme la situation est difficile et pour faire face aux conséquences de cette crise, je suis en train de préparer avec le gouvernement, à la demande du président de la République, des mesures complémentaires en matière d'emploi qu'on annoncera dans quelques jours". Cette déclaration faite lundi soir par François Fillon sur TF1 pourrait, "si le taux de chômage remonte en raison des difficultés conjoncturelles", marquer un recours accru aux contrats aidés, pourtant cloués au pilori il y a peu. Supprimés en début de mandat présidentiel, ils avaient été relancés en juillet dernier au moment où les chiffres du chômage s'apprêtaient à rebondir. A l'heure actuelle, le nombre de ces contrats prévu par le projet de loi de finances 2009 est de 280.000 : 230.000 dans le secteur associatif, éducatif et sanitaire comme dans la loi de finances 2008, sans tenir compte de la rallonge décidée en cours d'année (+60.000), et 50.000 dans le secteur marchand, soit 25.000 de moins qu'en 2008.
Fin septembre déjà, Eric Woerth évoquait ce recours possible comme "un airbag" face à la remontée du chômage. Ce mardi, les membres du gouvernement rivalisent de sémantique et d'imagination pour justifier ce retour en grâce. "Cela ne m'intéresse pas de faire un contrat aidé comme on fait l'aumône, pour mettre un demandeur d'emploi sur le côté et le sortir des statistiques", explique Laurent Wauquiez sur i-Télé. Pour le secrétaire d'Etat à l'Emploi, qui assure que ce fameux plan emploi devrait être annoncé "la semaine prochaine par le président de la République", il faut réfléchir aux contrats aidés "en ayant un raisonnement en termes de formation professionnelle" et de "vraies passerelles pour un emploi durable" dans les entreprises.
"On a aujourd'hui le chômage le plus faible depuis 1983"
"Le but, assène-t-il, n'est pas de faire des contrats aidés pour faire des contrats aidés. Aujourd'hui, un chômeur en contrat aidé sur cinq seulement fait l'objet d'un accompagnement. Cela signifie qu'on lui donne un contrat aidé, qu'on le met de côté et qu'on lui dit : sois sage et tais-toi et on reparlera dans un an quand ton contrat sera fini". A l'opposé de cette "mauvaise politique de l'emploi", il faut donc, selon lui, "essayer de réfléchir à comment vraiment utiliser les contrats aidés pour mettre un pied à l'étrier à des demandeurs d'emplois qui ont du mal à se réinsérer".
Pour sa part, Christine Lagarde relativise. Si elle confirme sur RMC et BFM-TV que l'augmentation du nombre de contrats aidés est "un des outils possibles", dans le prochain budget, pour soutenir l'emploi, elle tient à souligner qu'il n'est, justement, qu'un parmi d'autres et que la situation sur le front du chômage n'est pas mauvaise : "on a toujours aujourd'hui le chômage le plus faible depuis 1983. On est à 7,2%, mais effectivement depuis plusieurs mois, on a eu d'abord une stabilisation, et puis une légère remontée du chômage au cours des deux derniers mois".
Quoi qu'il en soit, reconnaît la ministre de l'Economie et de l'Emploi, "il faut être absolument vigilant sur cette question-là, parce que l'emploi c'est fondamental pour le pouvoir d'achat et pour l'activité de l'économie. Pour ce faire, le Premier ministre nous a demandé de travailler sur un certain nombre de mesures qui vont des emplois aidés aux contrats de transition professionnelle (CTP), à la réforme de la formation professionnelle et à la mise en oeuvre de la fusion ANPE-Assedic".
D'après agences
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