
Pour tous ceux qui sont partis en vacances à la Toussaint, le retour sur Terre va être brutal. Et pour les autres, ça ne fera qu'ajouter à la morosité ambiante. Deux mouvements de grève majeurs risquent de paralyser la France en fin de semaine prochaine : d'un côté, les personnels navigants d'Air France, qui ont lancé un préavis de grève du 4 au 8 novembre, et de l'autre, les conducteurs SNCF qui sont appelés à la grève le jour de la rentrée scolaire, le 6 novembre. Et à peine ces deux vagues de grèves passées, le Syndicat national des pilotes de lignes appelle à son tour les pilotes de toutes les compagnies françaises à une grève du 14 au 17 novembre.
Pour les personnels navigants d'Air France comme pour les pilotes, c'est une disposition de loi soumise au vote des députés vendredi sur l'âge du départ à la retraite des pilotes, hôtesses et stewards, qui a suscité la colère. Mercredi, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a adopté un texte prévoyant que les navigants des compagnies aériennes pourront travailler jusqu'à 65 ans au lieu de 60 ans actuellement pour les pilotes et 55 ans pour les hôtesses et stewards.
Il ne s'agit pas de "reculer l'âge de la retraite"
"Sans action concertée de tous les syndicats, sans le soutien à la grève de l'ensemble du personnel navigant commercial, ces mesures inacceptables et dangereuses seront validées", ont affirmé dans un communiqué commun les syndicats (CFDT, CFTC, FO, SNPNC, Sud aérien, CGT, Unac et Unsa). "Il faut éviter cette grève, des discussions peuvent s'ouvrir dans les jours qui viennent", a estimé vendredi le ministre du Travail Xavier Bertrand, affirmant que les députés voulaient mettre fin à une "pratique aberrante". "Les parlementaires ne visent pas à reculer l'âge de la retraite de 10 ans, a déclaré le ministre, l'idée c'est de rester en activité si on le souhaite".
A la SNCF, un préavis de grève a été déposé par la CGT et Sud contre "la remise en cause de la réglementation du travail des conducteurs" avant la tenue d'une réunion d'une commission paritaire, le 12 novembre, dont l'objectif est de modifier un décret de 1999 relatif à la durée du travail du personnel de la SNCF. La modification vise les conducteurs du fret, un secteur ouvert à la concurrence depuis mars 2006 et où le privé détient désormais 10% du marché français. Après un appel de la direction lancé cet été, 800 conducteurs sur 4000 se sont portés volontaires pour travailler sous un statut "transitoire" avec des conditions nouvelles sur la durée du travail et des temps de repos, selon la SNCF.
"Sous couvert d'adaptation à la concurrence, le gouvernement et la direction de la SNCF s'apprêtent à opérer une attaque sans précédent sur les conditions d'utilisation des agents de conduite", a dénoncé la CGT-Cheminots. Pour Sud-Rail, "la direction s'est lancée dans une vaste opération de recherche de volontaires pour essayer d'en trouver acceptant de brader les conditions de travail de tous". La direction de la SNCF a prévu une "réunion de conciliation" avec les organisations syndicales le 3 novembre.
D'après agence
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