Denis Gautier-Sauvagnac, président démissionnaire de l'UIMM © TF1-LCISoupçonnée d'avoir négocié le silence de son ex-dirigeant Denis Gautier-Sauvagnac sur de mystérieux retraits d'argent, dont la finalité reste encore aujourd'hui inconnue, l'Union des industries et métiers de la métallurgie a été mise en examen mercredi comme personne morale pour "subornation". Selon son avocat, Jean Reinhart, l'organisation attend désormais les explications de son ancien président. "La subornation ne peut exister et n'a jamais été dans l'état d'esprit de l'UIMM, qui appelle de ses voeux que M. Denis Gautier-Sauvagnac parle", a dit Jean Reinhart à la presse après la notification de cette mesure par le juge Roger Le Loire. L'un des anciens dirigeants de cette puissante branche du Medef, Michel de Virville, ex-secrétaire général de Renault et ex-haut dirigeant du patronat, a aussi été mis en examen pour le même motif.
Les poursuites, notifiées lors d'auditions de Michel de Virville et d'un représentant légal de l'UIMM par le juge Roger Le Loire, portent sur les conditions du départ de Denis Gautier-Sauvagnac après sa mise en examen en janvier dernier pour "abus de confiance", notamment. L'ancien président de l'UIMM s'était vu promettre contractuellement la prise en charge d'éventuelles sanctions fiscales, ce qui est vu par le parquet comme le "prix de son silence". Il a aussi obtenu de l'UIMM un "parachute doré" de 1,5 million d'euros, ramené à 780.000 euros après une vague de protestations lorsque l'affaire a été révélée par la presse. Il a toujours refusé de dire à la police et au juge où étaient allés les 15 à 20 millions d'euros retirés en espèces des comptes de l'UIMM, selon des estimations policières, entre 2000 et 2007.
Une dizaine de cadres de l'UIMM mis en examen
Pour Me Metzner, défenseur de Michel de Virville, le juge Le Loire cherche par ces nouvelles procédures à obtenir que Denis Gautier-Sauvagnac soit amené à parler. Mais, selon l'avocat, "M. de Virville ne peut pas le faire, puisqu'il n'a rien à voir dans tout cela". L'UIMM conteste avoir acheté le silence de son ancien président et souligne que la prise en charge d'éventuelles sanctions fiscales est conditionnée au fait qu'il ne soit pas confondu pour des infractions pénales.
Actuellement, une dizaine de dirigeants et cadres de l'UIMM sont mis en examen, auxquels il faut ajouter Denis Gautier-Sauvagnac lui-même. L'ancien dirigeant de l'UIMM a déclaré par le passé avoir "fluidifié les relations sociales" ; il a admis avoir ordonné les retraits d'espèces sous sa présidence, mais il n'a jamais nommé précisément les syndicats de salariés ou les personnalités syndicales qui auraient perçu de l'argent.
Des investigations ont montré que des dirigeants patronaux avaient bénéficié ponctuellement d'enveloppes. D'anciens dirigeants de l'UIMM ont assuré que la pratique des distributions d'espèces était très ancienne et avait concerné presque tous les partis de droite et de gauche, mais sans fournir de détails. Les syndicats de salariés nient pour leur part avoir perçu quoi que ce soit.
D'après agence
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