Les députés disent oui au RSA

le 08 octobre 2008 à 17h17 , mis à jour le 08 octobre 2008 à 17h39

Après des débats tendus, notamment sur le financement du projet, les députés ont adopté mercredi le texte sur le Revenu de solidarité active.

TF1/LCI : Députés à l'Assemblée nationaleDéputés à l'Assemblée nationale © TF1/LCI

Sans surprise, le Revenu de solidarité active, défendu depuis trois ans et demi par l'ex-président d'Emmaüs et actuel membre du gouvernement Martin Hirsch pour remplacer le RMI, a été adopté en première lecture mercredi à l'Assemblée nationale. Le texte a été adopté par 306 voix contre 20, les députés socialistes ayant choisi l'abstention alors que les communistes ont voté contre. Direction désormais le Sénat, où le texte sera examiné à partir du 20 octobre. 

Le RSA a pour vocation de remplacer le Revenu minimum d'insertion, d'encourager financièrement le retour à l'emploi de ses allocataires et de réduire le nombre de travailleurs pauvres. Il doit être financé par une nouvelle taxe de 1,1% sur les revenus du capital, qui doit rapporter 1,5 milliard d'euros. Ce taux de 1,1% sera diminué grâce au produit du plafonnement des niches fiscales (déductions d'impôts), selon un amendement majeur des rapporteurs Marc-Philippe Daubresse et Laurent Hénart (UMP). Ce plafonnement doit rapporter entre 150 et 200 millions d'euros, selon l'exécutif.

Empoignades autour du bouclier fiscal

L'opposition a demandé en vain que les bénéficiaires du bouclier fiscal, qui plafonne les impôts directs à 50% des revenus directs, s'acquittent aussi de la taxe de 1,1%. Le gouvernement a répondu qu'il ne voulait pas toucher au bouclier fiscal à 50%, instauré en 2007. L'exécutif et sa majorité UMP ont estimé que le plafonnement des niches fiscales était plus juste et plus efficace. Pour sa part, le Nouveau centre a déclaré "que le choix d'un nouvel impôt de 1,1% est erroné", par la voix de son spécialiste des Finances, Charles-Amédée de Courson.

Ce dernier a notamment proposé, en plus du plafonnement des niches fiscales, une réduction des allègements de charges sociales patronales sur les grandes entreprises, ce que le gouvernement a refusé. Des députés UMP ont aussi proposé - en vain - de soumettre au droit commun la fiscalité sur les stock-options, ce qui pourrait selon eux rapporter trois milliards d'euros. "C'est un mythe de croire que les stock-options ne sont pas fiscalisées, en tous cas en termes de cotisations sociales", a répondu le ministre du Budget Eric Woerth, spectateur vigilant des débats sur le financement du RSA, alors que le budget 2009, discuté dans quelques semaines, s'annonce particulièrement difficile.

D'après agence

le 08 octobre 2008 à 17:17
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