Les fonctionnaires dans la rue

le 23 octobre 2008 à 18h51 , mis à jour le 23 octobre 2008 à 18h54

Plusieurs milliers de fonctionnaires, dont de nombreux policiers et hospitaliers, ont défilé jeudi à Paris pour dénoncer la réforme générale des politiques publiques.

Manifestation de fonctionnaires à Paris (23 octobre 2008)Manifestation de fonctionnaires à Paris (23 octobre 2008) © TF1/LCI

La grève a peu mobilisé : le mouvement lancé à l'appel de la fédération Force ouvrière-Fonction publique a rassemblé jeudi matin 0,6% des agents de l'Etat, selon des estimations du ministère de la Fonction publique. Mais le responsable FO-Fonction Publique, Gérard Noguès, veut tout de même voir dans "le 23 octobre un point de départ" avant d'autres mouvements pour "se faire entendre". "Pour l'instant, la réorganisation des services de l'Etat se fait dans un cabinet ministériel, et ça s'impose aux préfets sans qu'on leur demande leur avis, on va fermer des hôpitaux sans demander l'avis des citoyens... Ça ne va pas".

Le mouvement a été surtout visible dans la rue. Entre 6600 (police) et 25.000 (syndicat) agents des trois Fonctions publiques (Etat, hospitalière, territoriale), dont de nombreux policiers et hospitaliers, ont défilé à Paris à l'appel de Force ouvrière, notamment pour leurs salaires et contre la réforme de l'Etat. Partis de la place Denfert-Rochereau, les manifestants, venus de toute la France, se sont rendus à la place Vauban, derrière une banderole revendiquant pêle-mêle "l'augmentation des salaires et pensions", "la défense des valeurs républicaines", "du service public" et "du statut de la Fonction publique". Ils ont dénoncé "la RGPP (réforme générale des politiques publiques, lancée par le gouvernement, prévoyant notamment le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) et la mobilité imposée".

"On est là pour tirer la sonnette d'alarme"

Les manifestants, qui comptaient dans leurs rangs de nombreux fonctionnaires de la santé et des collectivités territoriales, ont notamment crié "Ho hisse, ho hisse pour le point d'indice, plus haut, plus haut, pas de statu quo" et "Avec Sarko pas un euro, il nous mène en bateau ! Avec Santini pas un penny aujourd'hui ça suffit !". Un gros contingent de policiers a défilé, les syndicats SGP-FO et Unsa-Police côte à côte, derrière des pancartes "poulets plumés = démotivés" et "Du fric pour les flics".

"Si on peut s'endetter pour les banquiers, on peut s'endetter pour les hôpitaux, ça me paraît logique", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, expliquant que certains hôpitaux, se voyant refuser des prêts par Dexia, étaient obligés d'aller voir les banques. "On est là pour tirer la sonnette d'alarme, il faut stopper la RGPP. Il faut que le président respecte un engagement pris il y a un an, d'un vrai débat sur la place des services publics dans notre société". Il a également dénoncé une "contradiction fondamentale" de Nicolas Sarkozy après la crise : "Il est antilibéral au niveau international et il suit le Medef au niveau national".

D'après agence

le 23 octobre 2008 à 18:51
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