Paris, gare de l'Est, samedi 9 juin à 7h36 : départ de la rame inaugurale du TGV-Est. Destination : Strasbourg © TF1/LCISemaine sociale agitée en perspective. Dans le fil du mouvement des pilotes de ligne, les cheminots doivent lancer une première grève mercredi tandis que les enseignants descendront dans la rue jeudi et les personnels de la Poste samedi. Ce week-end, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a appelé le gouvernement à se préoccuper de la situation sociale au lieu de se satisfaire de voir la France échapper à la récession. "Il y a une urgence à se pencher sur la situation sociale", a-t-il déclaré sur France Info, soulignant que les salariés n'ont pas l'intention de voir "laminer leurs condition sociale". Malgré d'ultimes discussions, le gouvernement n'a pas réussi à désamorcer la grève des pilotes de ligne, qui maintiennent leur mouvement jusqu'à lundi soir pour protester contre le relèvement de l'âge limite de leur départ à la retraite. Alors que la direction d'Air France prévoit d'assurer lundi au départ de Paris entre 65% et 70% de ses vols long-courriers et 50% de ses moyen-courriers, le trafic devrait revenir à la normale mardi.
Du côté de la SNCF, pour éviter un conflit social, la direction a tendu la main samedi aux syndicats protestant contre la modification du temps de travail dans le fret en se déclarant ouverte à de nouvelles propositions. Dimanche soir, ont reçus les deux syndicats qui appellent à la grève à parti de mardi soir, la CFDT et la FGAAC. Ce dernier syndicat décidera dans la journée de lundi de différer le mouvement de mardi à samedi pour poursuivre ses négociations. La première avancée obtenue par les syndicats dimanche soir concerne "les sédentaires" (par opposition aux roulants), dont la SNCF "voulait réduire la durée de la journée la plus courte de 5h30 à 4h00", pour les faire venir plus souvent, ce qu'elle aurait abandonné lors de la négociation, selon la FGAAC. La direction aurait également renoncé à modifier "l'encadrement des repos des roulants, notamment les conducteurs de train", qui est actuellement fixé à 19h-6h et qu'elle voulait transformer en "minuit-minuit", ce qui privait les cheminots d'une soirée et nuit complètes, a-t-il indiqué. Quatre autres organisations - la CGT, Force ouvrière, SUD-Rail et la CFE-CGC - appellent elles à cesser le travail à partir du dimanche 23 novembre au soir.
Une grève du niveau de celle du 15 mai dans l'éducation
Dans un communiqué, la SNCF rappelle qu'elle souhaite expérimenter, avec 900 volontaires, de nouvelles organisations du travail dans sa filiale de fret afin de réduire l'écart de compétitivité avec ses concurrents. Pour cela, elle a proposé aux syndicats un projet de modification de statut qui, rappelle-t-elle, ne concerne que les conducteurs volontaires de Fret SNCF. Le dernier mouvement social des conducteurs de train, pour les mêmes motifs, remonte à une dizaine de jours à peine, et il a provoqué de nombreuses perturbations.
Dans l'enseignement, la quasi totalité des syndicats appellent à faire grève et à manifester dans la plupart des villes de France pour s'opposer à "la dégradation des conditions de travail" et aux milliers de suppressions de postes au budget 2009. Le principal syndicat des écoles, le SNUipp-FSU, prédit une grève du même niveau que celle du 15 mai dernier, où entre 46% et 63% des professeurs des écoles avaient cessé le travail. Ils seront rejoints jeudi par les lycéens de l'Union nationale lycéenne (UNL) et les étudiants de l'Unef. A La Poste enfin, cinq fédérations syndicales (CGT, Sud-PTT, CFDT, FO, CFTC) appellent les agents à une journée de mobilisation contre le projet de transformer l'entreprise publique en société anonyme dès le 1er janvier 2010, avant d'ouvrir son capital un an plus tard.
D'après agence
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