General Motors © TF1/LCISale journée pour General Motors. L'annonce des résultats du géant automobile, vendredi, s'est traduite par une dégringolade immédiate du titre en Bourse : -16%, avant que l'action GM ne limite quelque peu les dégâts. La cotation du titre a même été brièvement suspendue. Il faut dire que le constructeur américain venait de faire état d'une perte d'exploitation de 4,2 milliards de dollars au troisième trimestre, soit 4,45 dollars par action... soit une perte deux fois plus lourde que ce qu'envisageaient les analystes.
Le chiffre d'affaires s'est établi à 37,9 milliards, en forte chute par rapport aux 43,7 milliards d'il y a un an. Et l'avenir n'est pas rose : le groupe a estimé que le marché automobile américain resterait mauvais en 2008 et en 2009, n'augurant pas un redressement. Pire encore : General Motors a annoncé qu'il risquait de se retrouver dès le début 2009 à court de trésorerie. Le groupe a tenté de limiter l'impact déplorable de ces annonces en présentant un plan d'amaigrissement drastique. GM a annoncé qu'il supprimerait des emplois administratifs et réduirait ses investissements de 2,5 milliards de dollars l'an prochain dans le cadre d'un plan de restructuration révisé visant à dégager 20 milliards de liquidités.
Les trois "grands" de Detroit dans une mauvaise passe
Sauf reprise vigoureuse (et à ce jour improbable) du marché automobile, mais surtout sauf aide gouvernementale, le numéro un américain ne devrait donc plus avoir l'argent nécessaire à son fonctionnement dès les premiers mois 2009. GM a par conséquent préféré ne pas mener plus loin les discussions engagées avec le fonds Cerberus pour lui racheter sa filiale Chrysler. La fusion avec Chrysler suscitait un grand scepticisme chez les analystes et une hostilité ouverte chez les syndicats, inquiets de ses conséquences sociales. L'opération aurait été condamnée par le refus du Trésor de débloquer une aide de 10 milliards de dollars, selon la presse américaine.
Confronté à un marché nord-américain en chute libre (-32% en octobre), le plus gros constructeur de Détroit a tendu la sébille. "GM a pris une série de mesures déterminées pour s'aider lui-même, mais une aide supplémentaire du gouvernement américain pour aider le secteur automobile durant cette crise est indispensable", fait-il valoir. Mais "la tourmente sans précédent de l'économie et du marché du crédit a un impact dramatique sur le secteur automobile et GM", affirme le constructeur. Nombre de consommateurs "qui ont encore l'intention d'acheter des véhicules se sont vu refuser un crédit, ou ont jugé le coût du crédit prohibitif".
"J'ai décidé que l'équipe de transition va devoir travailler sur de nouvelles mesures pour aider l'industrie automobile à s'adapter" à la chute de la demande, a réagi le jour-même Barack Obama, à Chicago, lors de sa première conférence de presse depuis son élection. "L'industrie automobile est la colonne vertébrale de l'industrie américaine et a un rôle essentiel à jouer dans nos efforts de réduction de notre dépendance à l'égard du pétrole étranger", a-t-il ajouté. Il a dit souhaiter que le "gouvernement fasse tout ce qui est possible pour accélérer (la distribution de) l'aide à la rénovation de l'outil industriel déjà adoptée par le Congrès". Les élus américains avaient en effet approuvé début septembre une enveloppe de 25 milliards de dollars de prêts à taux réduits pour que l'industrie américaine produise des modèles moins gourmands en carburant. Mais alors que les aides n'ont pas encore été versées, GM, Ford et Chrysler réclament déjà 25 milliards de plus.
D'après agence
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