Le dossier des retraites rouvert sur fond de crise

le 02 novembre 2008 à 17h32 , mis à jour le 02 novembre 2008 à 19h39

Silencieux samedi, le PS a réclamé dimanche le retrait des textes votés à la veille du week-end de la Toussaint et ouvrant la voie à un allongement de la vie au travail.

Martine Aubry au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro (2 novembre 2008)Martine Aubry au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro (2 novembre 2008) © TF1/LCI

Sur fond de crise économique, la majorité a relancé la question des retraites par un vote de l'Assemblée nationale qui a pris le PS, la gauche et les syndicats par surprise et relancé le débat sur l'allongement de la vie au travail. L'Assemblée nationale a décidé vendredi soir que le départ à la retraite pourrait être repoussé, si les salariés le veulent, de 60 à 65 ans dans le transport aérien et à 70 ans dans d'autres secteurs. La mesure entrerait en vigueur en 2010. Ces nouvelles dispositions ont été votées sous forme d'amendements par les députés de la majorité peu avant minuit, la veille du week-end de la Toussaint, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Invitée du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro, Martine Aubry, ex-ministre socialiste des Affaires sociales, s'est déclarée dimanche entièrement contre ces amendements : "On sait très bien que quand on annonce une mesure comme ça, c'est parce que, demain, on va réduire les retraites et qu'on va dire : que tout le monde travaille jusqu'à 70 ans ! On commence par dire : vous avez une liberté, ensuite on réduit les retraites et après on dit : vous n'avez qu'à travailler plus longtemps". Peu avant son intervention, le Parti socialiste avait demandé au gouvernement de "retirer" ces amendements lors du vote solennel prévu mardi à l'Assemblée. Evoquant une "atteinte au droit à la retraite", le porte-parole du PS, Julien Dray, avait dénoncé : "Alors que Nicolas Sarkozy répète depuis quelques semaines qu'il entend remettre partout des règles pour refonder le capitalisme, la première de ces 'règles' consiste à déréguler le droit du travail en repoussant l'âge obligatoire de la retraite - acquis social fondamental - à 65 ans pour les personnels navigants et à 70 ans pour les autres salariés".

"Ça ne se fait pas comme ça sur un coin de table"

Les Verts et le PCF avaient déjà dénoncé samedi un allongement insidieux de la durée légale du travail et estimé que la mesure allait à contre-courant de la réalité. L'âge moyen de départ effectif à la retraite est actuellement à un peu plus de 57 ans, du fait de la politique des entreprises, rappellent-ils. Le gouvernement insiste de son côté sur le fait que la possibilité de partir à 60 ans si les 41 ans de cotisation sont réunis, demeure. Il ne s'agirait pour lui que de permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus longtemps et de supprimer les mises à la retraite d'office à 65 ans.

L'idée des députés UMP a été soutenue dimanche sur Europe 1 par Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy. "Je pense que l'idée d'un âge de la retraite couperet est une idée absurde. On doit pouvoir avoir le droit de partir à la retraite quand on veut", a-t-il dit sur Europe 1. Il a toutefois jugé que "ces questions méritent un vrai débat, qu'il faut prendre son temps, réfléchir, et que ça ne se fait pas comme ça sur un coin de table ou dans une manoeuvre de couloir". Et il a semblé laisser la porte ouverte à des discussions et d'éventuelles évolutions sur ce thème en relevant : "la représentation nationale prend ses responsabilités, ses responsabilités politiques, elle fait ce qu'elle croit bien de faire ; et puis le gouvernement aura l'attitude qui lui semble nécessaire pour servir l'intérêt général".

D'après agence

le 02 novembre 2008 à 17:32
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13 Commentaires

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  • Canut, le 21/04/2009 à 01h03

    En fait, on se bat contre un mur, en France il n'y a plus de travail pour tout le monde, ça c'est clair, après savoir qui mourra de faim en premier est un autre problème. C'est la lutte finale..........

  • Cédrik, le 03/11/2008 à 16h38

    Je crois qu'au point où on en est de très nombreuses personnes qui attendent depuis longtemps leur retraite se la verront passer sous le bout du nez...

  • Denfert, le 03/11/2008 à 15h06

    Avec la retraite, on touche ( entre autres ) à deux contradictions du capitalisme : 1ère contradiction : Le capitalisme, à force de faire de la productivité, exclut du processus de production un maximum de gens. Ceci a pour effet justement de diminuer les cotisations retraites et donc de créer le problème que l'on traite, c'est à dire l'insuffisance du fonds des retraites. 2ème contradiction : Encourager l'emploi des seniors, c'est - certes- augmenter les cotisations et diminuer simultanément le montant des retraites à payer. Mais attention, il n?y a pas avec ce système du travail pour tout le monde, c'est donc décourager l'emploi de personnes plus jeunes, plus aptes à faire augmenter le P.I.B. L'augmentation de la production est justement un des éléments de politique générale qui soit nécessaire au règlement des retraites. Or elle n?est pas, par les temps qui courent, la priorité du capitalisme, récession oblige. Eh oui ! il fonctionne comme çà.

  • Jeanly, le 03/11/2008 à 11h19

    Pourquoi faire un tel débat, y- t -il une loi qui interdit de treavailler après 65 ans ? non alors je pense que c'est certainement pour arrivé à autre chose! pour ma part je dis place aux jeunes

  • Champi, le 03/11/2008 à 10h59

    Je suis parti en retraite dans le cadre d'un plan ( licenciement économique volontaire) de sauvegarde l'emploi : en clair j'ai laissé ma place à un jeune. Plus aucun départ ne devrait se faire sans qu'un jeune soit embauché !

  • Vero, le 03/11/2008 à 10h27

    Pourquoi faire travailler les seniors jusque 7O ans pour nourrir leurs enfants qui eux n'ont pas de boulot Réguler déjà le travail pour tout le monde et après on reparlera d'allonger le temps de travail.

  • Jean Bonnot, le 03/11/2008 à 06h25

    Le PS est-il un parti démocratique lorsqu'il demande l'annulation de lois votées par les élus du peuple.

  • Attila, le 02/11/2008 à 22h47

    Et pourquoi pas 80 ans, comme çà ils sont sûrs qu'il y aura toujours plus d'actifs que de retraités Quant à l'emploi des jeunes on s'en balance.

  • Pierrot, le 02/11/2008 à 21h25

    Martine Aubry, à la retraite et place aux jeunes.

  • Thomas, le 02/11/2008 à 21h24

    Parmi les députés, sénateurs et responsables politiques qui critiquent la possibilité de prendre sa retraite à 65 ans, beaucoup ont plus de 65 ans !!!! Qu'ils nous montrent donc l'exemple en s'arrêtant à 60 ans et en laissant la place aux jeunes. Alors, ils pourront critiquer le gouvernement

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