Martine Aubry au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro (2 novembre 2008) © TF1/LCISur fond de crise économique, la majorité a relancé la question des retraites par un vote de l'Assemblée nationale qui a pris le PS, la gauche et les syndicats par surprise et relancé le débat sur l'allongement de la vie au travail. L'Assemblée nationale a décidé vendredi soir que le départ à la retraite pourrait être repoussé, si les salariés le veulent, de 60 à 65 ans dans le transport aérien et à 70 ans dans d'autres secteurs. La mesure entrerait en vigueur en 2010. Ces nouvelles dispositions ont été votées sous forme d'amendements par les députés de la majorité peu avant minuit, la veille du week-end de la Toussaint, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Invitée du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro, Martine Aubry, ex-ministre socialiste des Affaires sociales, s'est déclarée dimanche entièrement contre ces amendements : "On sait très bien que quand on annonce une mesure comme ça, c'est parce que, demain, on va réduire les retraites et qu'on va dire : que tout le monde travaille jusqu'à 70 ans ! On commence par dire : vous avez une liberté, ensuite on réduit les retraites et après on dit : vous n'avez qu'à travailler plus longtemps". Peu avant son intervention, le Parti socialiste avait demandé au gouvernement de "retirer" ces amendements lors du vote solennel prévu mardi à l'Assemblée. Evoquant une "atteinte au droit à la retraite", le porte-parole du PS, Julien Dray, avait dénoncé : "Alors que Nicolas Sarkozy répète depuis quelques semaines qu'il entend remettre partout des règles pour refonder le capitalisme, la première de ces 'règles' consiste à déréguler le droit du travail en repoussant l'âge obligatoire de la retraite - acquis social fondamental - à 65 ans pour les personnels navigants et à 70 ans pour les autres salariés".
"Ça ne se fait pas comme ça sur un coin de table"
Les Verts et le PCF avaient déjà dénoncé samedi un allongement insidieux de la durée légale du travail et estimé que la mesure allait à contre-courant de la réalité. L'âge moyen de départ effectif à la retraite est actuellement à un peu plus de 57 ans, du fait de la politique des entreprises, rappellent-ils. Le gouvernement insiste de son côté sur le fait que la possibilité de partir à 60 ans si les 41 ans de cotisation sont réunis, demeure. Il ne s'agirait pour lui que de permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus longtemps et de supprimer les mises à la retraite d'office à 65 ans.
L'idée des députés UMP a été soutenue dimanche sur Europe 1 par Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy. "Je pense que l'idée d'un âge de la retraite couperet est une idée absurde. On doit pouvoir avoir le droit de partir à la retraite quand on veut", a-t-il dit sur Europe 1. Il a toutefois jugé que "ces questions méritent un vrai débat, qu'il faut prendre son temps, réfléchir, et que ça ne se fait pas comme ça sur un coin de table ou dans une manoeuvre de couloir". Et il a semblé laisser la porte ouverte à des discussions et d'éventuelles évolutions sur ce thème en relevant : "la représentation nationale prend ses responsabilités, ses responsabilités politiques, elle fait ce qu'elle croit bien de faire ; et puis le gouvernement aura l'attitude qui lui semble nécessaire pour servir l'intérêt général".
D'après agence
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